Quarante ans gaspillés

Russel T. Warne a écrit un article sympathique sur James Flynn, l’un des environnementalistes les plus honnêtes et intéressants. Voici un extrait traduit :

« James Flynn est la Cassandre des temps modernes. Il savait exactement dans quelle direction les chercheurs environnementalistes devaient aller, mais personne ne l’a écouté. En conséquence, les environnementalistes se sont retrouvés dans une position scientifique très délicate. S’ils sont aujourd’hui gênés par la masse et la force des arguments qui soutiennent une part génétique dans les différences intellectuelles entre les races, ils n’ont qu’eux-même à blâmer. »

Le sophisme de Lewontin vu par les autres

Voici un recueil des déclarations des pontes de la biologie quant à Richard Lewontin et son fameux sophisme. En 1972, Lewontin a affirmé qu’il n’était pas possible de distinguer génétiquement des races humaines parce que la diversité génétique humaine était largement contenue au sein des groupes, et qu’il n’y avait donc pas assez de différences génétiques entre les groupes pour parler de races. Cet argument a fait florès. Pourtant, il n’est pas sérieux. Florilège.

A. W. F. Edwards, « Human genetic diversity: Lewontin’s fallacy », Bioessays (2003)

« Dans les articles populaires qui minimisent les différences génétiques entre les populations humaines, il est souvent affirmé que 85 % du total de la variation génétique de l’humanité est due à des différences individuelles à l’intérieur des populations et seulement 15 % à des différences entre les populations. Il a donc été proposé que la division d’Homo sapiens en races n’était pas justifiable par des données génétiques. Cette conclusion donnée par R. C Lewontin en 1972 est injustifiée car son argument ignore le fait que la plupart des informations qui distinguent les populations sont cachées au sein de la structure de corrélation des données, et non simplement au sein de la variation des facteurs individuels.

Ces conclusions sont fondées sur le vieux sophisme statistique des données analytiques qui veut qu’elles ne contiennent aucune information autre que celles révélées par une analyse locus par locus, permettant ainsi de tirer des conclusions seulement quant aux résultats d’une telle analyse. La signifiance taxonomique des données génétiques survient en réalité bien souvent de la corrélation entre les différents loci, car c’est celle-ci qui contient les informations permettant de découvrir une classification stable. »


L. L. Cavalli-Sforza, entrevue avec Razib Khan (2006)

« Edwards et Lewontin ont tous les deux raison. Lewontin a dit que la part de la variance était très faible entre les populations humaines […]. Il a en effet été démontré plus tard qu’elle était l’une des plus petites chez les mammifères. Lewontin espérait probablement, pour des raisons politiques, qu’elle soit ridiculement petite […]. En substance, Edwards a répondu qu’elle n’était pas ridiculement petite, parce qu’elle était suffisante pour reconstituer l’arbre évolutionnaire humain, comme nous l’avons fait, et il a évidemment raison. »

Peter Frost a écrit un essai sur le mystère Cavalli-Sforza.


David Reich, Who We Are and How We Got Here (2018)

Lecture de ces passages en français.

« J’ai la plus profonde sympathie pour l’idée selon laquelle les découvertes génétiques quant aux différences entre les populations aient pu être utilisées afin de justifier des idées racistes. Mais c’est précisément à cause de cette sympathie que je suis inquiet que des personnes qui nient la possibilité de différences biologiques substantielles entre les populations se mettent eux-mêmes dans une position indéfendable, position qui ne survivra pas à l’assaut de la science. Ces dernières décennies, la plupart des généticiens des populations ont cherché à éviter de contredire la doxa. Quand nous sommes interrogés sur l’existence de différences biologiques entre les populations humaines, nous tendons à embrouiller l’auditoire, à faire des déclarations mathématiques dans l’esprit de Richard Lewontin, comme celle qui consiste à dire que la différence moyenne entre les individus à l’intérieur d’une même population est six plus fois grande plus que la différence moyenne entre ces populations. Nous avons remarqué que les mutations qui sont à la base de certains traits qui diffèrent drastiquement entre les populations — l’exemple classique étant celui de la couleur de peau — sont rares […]. Mais cette formulation prudente masque délibérément la possibilité de différences moyennes substantielles entre les populations.

Pour ceux qui vont à l’encontre de l’idée qu’il puisse y avoir des différences d’aptitude entre les population, la précaution la plus naturelle est de dire que même si de telles différences existaient, elles seraient petites. […] Mais cet argument ne tient pas non plus. La séparation des populations humaines, qui peut remonter à 50000 ans pour des populations non africaines, et jusqu’à 200000 ans pour des populations africaines subsahariennes, est loin d’être négligeable sur l’échelle temporelle de l’évolution humaine. Si la sélection de la taille et de la circonférence de la tête du nouveau-né peut survenir en quelques milliers d’années, affirmer qu’il ne peut y avoir de différences comportementales ou cognitives entre ces populations est une mauvaise blague. »


Robert Trivers, « Vignettes of Famous Evolutionary Biologists, Large and Small » (2015)

« L’histoire de Lewontin est celle d’un homme avec de grands talents, qui les gâche par idiotie, narcissisme, arrogance, une pensée politique superficielle et des ruminations philosophiques […]. Il a dirigé avec succès un laboratoire pendant des années, et a facilement récolté des fonds de recherche, aussi beaucoup de généticiens américains se souviennent-ils naïvement de lui et du temps passé avec lui à Harvard en tant qu’étudiant ou post-doctorant. Mais en tant que penseur de l’évolution, et encore plus en tant que généticien, au delà de son travail passé sur le déséquilibre de liaison, il n’a pas montré grand-chose et les meilleurs de ses anciens étudiants ont admis qu’il n’avait rien fait de notable pendant plus de 20 ans. Par ailleurs, Lewontin ment ouvertement, il l’a reconnu. En effet, il admet, au moins en privé, que certaines de ses affirmations sont des forgeries, mais il dit aussi que le combat est idéologique et politique : ils mentent, alors lui aussi. »


Ernst Mayr, correspondance privée (2003)

Extrait tiré d’un article de Nathan Cofnas :

« Edwards a transmis son article à Ernst Mayr, qui est peut-être la figure la plus importante de la théorie moderne de l’évolution. La réponse de Mayr, qui n’a jamais été publiée avant, est assez intéressante :

Merci de votre lettre du vingt août […] à propos de la supercherie de Lewontin. J’ai déjà, il y a plusieurs années de cela, pointé du doigt les affirmations trompeuses de Lewontin. Je recommande son livre La Triple hélice. Le lecteur non averti ne découvrira pas à quel point son exposé est complètement biaisé. Tout ce qui lui donne tort est omis ! Et si vous présentez la vérité, vous êtes traité de nazi ou de fasciste ! Le public est malheureusement bien trop facilement manipulable ! Particulièrement quand des vœux pieux sont impliqués !

Meilleures salutations,
Ernst Mayr
»


Francis Crick, correspondance privée (1977)

Extrait tiré du même article de Nathan Cofnas :

« Beaucoup de scientifiques se sont plaints en privé que le travail de Lewontin était lourdement influencé par ses idées politiques. Francis Crick écrivait à Peter Medawar en 1977 :

« Lewontin est connu pour être fortement biaisé politiquement et admet lui-même être scientifiquement peu scrupuleux sur les sujets qu’il traite. C’est-à-dire qu’il les prend pour des sujets politiques, et ainsi se sent en droit d’utiliser des arguments biaisés. »


Gregory Cochran et Henry Harpending, The 10,000 Year Explosion: How Civilization Accelerated Human Evolution (2009)

« Certains affirment que les différences entre les populations humaines sont petites et peu significatives. Comme remarqué avec éloquence par Richard Lewontin en 1972, la plupart des différences génétiques sont trouvées à l’intérieur des populations humaines plutôt qu’entre elles. Approximativement 85% de la diversité génétique humaine se trouve à l’intérieur des groupes et 15% entre eux. Lewontin et d’autres ont affirmé que cela signifiait que les différences génétiques entre populations humaines devaient être plus petites que les différences à l’intérieur desdites populations.

Mais la diversité génétique est distribuée de façon similaire chez les chiens : 70 % de la diversité génétique est intraraciale, tandis que 30 % est interraciale. En utilisant le même raisonnement que Lewontin, on devrait conclure que les différences entre les dogues allemands sont plus grandes que les différences entre les dogues allemands et les chihuahuas. Mais c’est une conclusion qu’il est bien difficile d’avaler. Il s’avère que bien que la distribution de la diversité génétique est comme Lewontin l’a dit, son interprétation est incorrecte. La distribution de la diversité génétique ne dit quasi rien de la taille ou de l’importance des différences entre les groupes. […] Il y a indubitablement un certain nombre de gènes qui affectent la croissance des chiens, au sens où plusieurs variants génétiques favorisent la croissance tandis que d’autres la défavorisent. Même si l’on trouve des variants pro et anti-croissance chez les dogues allemands comme chez les chihuahuas, la tendance est différente. Les variants qui favorisent la croissance sont plus communs chez les dogues allemands. Même si un dogue en particulier peut porter une mutation liée à une faible croissance, alors qu’un chihuahua en particulier aura la version favorisant une forte croissance, la somme des effets des nombreux gènes favorisera presque certainement une plus grande croissance chez le dogue allemand. Ainsi peut-on affirmer tranquillement qu’aucun chihuahua n’a jamais été plus grand qu’un dogue allemand. De la même façon, il peut plus pleuvoir à Albuquerque qu’à Hilo, mais au cours d’une année, Hilo est systématiquement plus humide. »


Jerry Coyne (2020)

Evolution Has Not Been Kind to Jerry Coyne | Evolution News

« De son analyse mathématique, Lewontin a conclu que le terme de race n’avait aucune réalité biologique. La fausseté de cette affirmation a été soulignée par le généticien A.W.F. Edwards, qui a noté que Lewontin considérait chaque gène comme indépendant. Mais ce n’est pas le cas, car les contraintes de l’histoire, de la séparation géographique et de l’évolution font que les différences entre les populations et les races à différents gènes sont corrélées. […]

L’affirmation initiale de Lewontin sur la répartition de la variation génétique entre les individus, les populations et les races était incorrecte. [Mais] Lewontin avait tort pour des raisons qui dépassent les prétentions d’Edwards : il avait tort parce que, comme Lou l’a montré, il « a utilisé une mesure de la ‘différenciation’ qui ne mesure pas vraiment la différenciation ». Lou a présenté un autre modèle qui vous permettra de comparer la différenciation au sein des groupes et entre eux (cela vaut pour la diversité des espèces en écologie ainsi que pour la diversité génétique au sein des populations et entre elles), mais il ne l’a pas appliqué aux données de Lewontin, parce que ces données sont maintenant dépassées (elles étaient basées sur des fréquences d’allèles trouvées par électrophorèse).

La leçon à retenir est que la conclusion de Lewontin est erronée non seulement parce qu’elle s’applique à des loci uniques et supposément non corrélés, mais aussi parce qu’il a utilisé la mauvaise mesure pour comparer la diversité au sein d’un groupe et entre les groupes. »

L.L. Cavalli-Sforza : un oiseau dans une cage dorée

Peter Frost a publié en 2014 un petit essai sur ce grand généticien. Sa thèse est la suivante : Cavalli-Sforza (1922-2018) a joué, durant toute sa carrière, un double jeu. Publiquement, il a entériné le dogme de l’inexistence des races humaines ; mais dans son for intérieur, il n’y croyait pas une seule seconde.

Cavalli-Sforza a travaillé en tant que scientifique pour l’Axe, notamment sur l’anthrax — selon Frost, dans la perspective d’une guerre bactériologique. En 1947, il cesse de citer ses publications de jeunesse ; et il change de nom en 1950 (Cavalli devient Cavalli-Sforza).

Ce passé méconnu est intéressant. A-t-il servi par la suite à le faire chanter ? Deux de ses grands projets ont été avortés : son travail sur la coévolution des gènes et de la culture, qu’il n’a cependant jamais renié, ainsi que le Human Genome Diversity Project, qui a fait naître, en effet, plusieurs accusations de racisme.

En 2006, il admet dans une entrevue que la critique d’Edwards du sophisme de Lewontin est pertinente. Alors pourquoi ne s’est-il pas insurgé plus tôt ? S’était-il réellement converti à l’antiracisme ? Était-ce parce qu’il était professeur à Stanford et promis à une brillante carrière ? Le menace du chantage planait-elle ?

Quelles que soient les raisons, je ne peux pas m’empêcher de penser, comme Frost, qu’il n’a jamais fait ces déclarations sur le races humaines sincèrement.

Son silence est difficile à digérer. S’il y avait bien quelqu’un disposé à empêcher les antiracistes d’apposer un vernis pseudoscientifique à leur idéologie, c’était lui.

Nous sommes nos gènes

Deux excellents textes récents synthétisent ce que l’on sait de la part génétique de notre intelligence et de notre tempérament : elle est (quasiment) totale. Le premier texte est en fait le deuxième chapitre de Modernity and Cultural Decline: A Biobehavioral Perspective, superbe ouvrage sur la dimension biologique du cycle des civilisations — c’est comme si Galton, Spengler et Kaczynski avaient écrit un livre — dont je recommande très chaudement la lecture entière.

Le deuxième texte est une version plus synthétique publiée dans l’Encyclopedia of Evolutionary Psychological Science, éditée par Todd K. Shackelford et Viviana A. Weekes-Shackelford.

Michael Woodley of Menie semble être le principal auteur des deux textes. Pour lire le reste de l’ouvrage ou d’autres articles de l’encyclopédie, n’oubliez pas qu’il existe Sci-Hub et Library Genesis.

Race et intelligence : l’état de la science

La charge de la preuve revient aux environnementalistes, parce qu’il n’y pas, dans le temps et dans l’espace, deux races intellectuellement identiques ; parce qu’il n’y a pas de raison de penser que l’évolution se soit arrêtée sous le menton ; parce que l’écrasante majorité des chercheurs en intelligence pensent que les différences cognitives entre les races ont une dimension génétique.

Les environnementalistes ont de très mauvais arguments[1], à savoir que l’écart de QI entre les noirs et les blancs se réduirait substantiellement, que l’effet Flynn pourrait le combler entièrement, ou encore que les enfants adoptés et les gains de QI qu’ils présentent sont la preuve que les différences raciales sont dues à l’environnement. On entend aussi parfois parler de la « menace du stéréotype » qui voudrait qu’un groupe sujet à des préjugés négatifs quant à ses capacités cognitives ait des performances réduites lors du passage d’un test de QI ; or, c’est une vaste fumisterie intellectuelle qui ne résiste pas à l’analyse — et cette analyse est faite par des chercheurs qui font tout pour trouver des explications environnementales aux différences raciales[2].

Ce que pensent les chercheurs
Les sondages réalisés auprès des « chercheurs en intelligence » ont montré qu’ils étaient une majorité à considérer que les gènes jouaient un rôle dans les différences intellectuelles entre les races et les nations[3][4].

Des pontes comme Jared Diamond[5] ou Charles Murray[6] ont raconté comment, en privé, un nombre considérable d’universitaires disaient penser que les différences raciales quant à l’intelligence étaient innées, et défendre tout à fait l’inverse en public.

De manière générale, la négation des races humaines est une spécificité occidentale qui n’a jamais débouché sur un consensus parmi les chercheurs en anthropologie biologique[7]. Les arguments populaires répétés ad nauseam par les antiracistes sont d’ailleurs grossièrement faux[8][9].

Un écart stable et substantiel
Un pays multiracial comme les États-Unis n’a pas vu le fossé cognitif entre les noirs et les blancs disparaître malgré des décennies d’antiracisme et de discrimination positive. Cet écart est aujourd’hui stable et est à peu près de 15 points de QI[10]. Parmi les cohortes nées après les années 1960, aucune diminution de l’écart entre les noirs et les blancs n’a été repérée — en fait, il semble même s’être légèrement accentué[11].

Un effet Flynn hors de propos
L’effet Flynn touche les pays dont l’histoire de vie se ralentit[12] et l’éducation se développe[13]. Le QI augmente alors à chaque génération, mais pas de façon homogène : les gains ne portent que sur les parties des tests les moins héritables[14]. C’est un détail fondamental parce qu’il est démontré qu’à l’inverse, les différences raciales au sein des pays développés portent sur les parties des tests les plus héritables[15][16]. Ces données permettent de dire que les 15 points qui séparent les noirs et les blancs en Occident sont génétiques et que l’éducation et l’amélioration de la qualité de vie des noirs n’y pourront donc rien.

Des adoptions qui ne prouvent rien
Les gains de QI des enfants issus de milieux défavorisés adoptés par des familles aisées ne permettent pas de penser que l’environnement est la cause des différences raciales. Premièrement, la plupart des études évoquées par les environnementalistes n’analysent que des enfants. Or, l’effet Wilson veut que l’héritabilité du QI augmente avec l’âge. Des gains dans l’enfance, aussi larges qu’ils soient, ne signifient donc pas grand-chose. Deuxièmement, et surtout, il a été montré que les gains des adoptions ne concernent pas la partie héritable des tests de QI[17] — or c’est là, répétons-le, que se trouvent les différences raciales.

La littérature sur les enfants adoptés n’est pas suffisamment touffue pour enfoncer le clou et il existe des études contradictoires. Néanmoins, l’étude la plus complète jamais réalisée montre que les enfants adoptés tendent largement vers le QI moyen de leur race[18][19] — et les métis tombent au milieu — que ce soit durant l’enfance ou à l’âge adulte, c’est-à-dire quand le QI devient hautement héritable.

L’héritabilité est la même partout
Un argument consiste à dire que l’héritabilité du QI est plus basse dans les classes sociales défavorisées, et donc chez les noirs. C’est ce qu’on appelle l’effet Scarr-Rowe. Aussi, le QI des noirs serait beaucoup plus modelé par l’environnement que celui des blancs. Premièrement, la littérature sur la question montre que cet effet n’a rien de certain[20]. Deuxièmement, il a été récemment montré que l’héritabilité est la même entre les races aux États-Unis[21] — seul pays où l’effet Scarr-Rowe a été observé. Troisièmement, l’écart de QI entre les noirs et les blancs persiste voire s’agrandit quand on se contente d’étudier les classes sociales supérieures[22].

La haute héritabilité de l’intelligence n’implique pas nécessairement que les différences raciales en intelligence soient génétiques. Néanmoins, plus l’héritabilité d’un trait est haute, plus les différences environnementales doivent être importantes pour expliquer les différences[23]. Est-ce le cas, par exemple, aux États-Unis ? L’on peut sérieusement en douter dans la mesure où à niveau économique égal, l’écart cognitif entre les noirs et les blancs ne se réduit que de 37%[24].

Des indices physiologiques et morphologiques
Le temps de réaction est fortement corrélé (jusqu’à 0.7) à l’intelligence générale. Or, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, les groupes raciaux qui ont les temps de réaction les plus rapides sont aussi ceux qui ont les meilleurs résultats aux tests de QI.[25]

Chez sapiens, la taille du cerveau est significativement corrélée à l’intelligence (0.4)[26], tant au niveau individuel que racial. On retrouve cette corrélation au sein même des familles. L’anthropologie physique a montré sans ambiguïté (aujourd’hui à l’aide d’IRM) que les races qui ont les meilleurs résultats sur les tests de QI ont aussi les plus gros cerveaux. Elles ont également les cerveaux les plus lourds et dotés de plus de circonvolutions. La taille et la structure du cerveau sont hautement héritables. Les différences raciales dans la taille du cerveau se retrouvent chez les fœtus[27].

L’évolution peut être rapide, locale et substantielle
L’évolution humaine ne s’est pas arrêtée une fois que l’homme moderne est apparu. Elle s’est accélérée il y a 40000 ans[28].

Il est probable que les hivers froids, en posant des défis cognitifs nouveaux et relativement difficiles, sélectionnent l’intelligence[29].

L’évolution s’est drastiquement accélérée il y a 10000 ans avec la révolution néolithique[30]. Il est consensuel de dire que l’évolution est bioculturelle, c’est-à-dire que les gènes coévoluent avec la culture[31]. Ainsi, chaque civilisation est une niche écologique qui, dans une boucle de rétroaction positive, sélectionne différents traits qui modifient en retour la civilisation[32]. Il a été montré au niveau moléculaire que la révolution néolithique, qui s’est opérée très inégalement dans le monde, a sélectionné de meilleures capacités cognitives[33]. À l’inverse, la sélection de l’intelligence s’est inversée en Occident à partir de la révolution industrielle[34] — cela a été montré au niveau moléculaire en Islande[35].

Plus les pays sont similaires génétiquement, plus leurs capacités cognitives sont proches, même en contrôlant des variables comme l’IDH[36].

Chez les noirs américains, la part d’ancêtres blancs est positivement corrélée au QI[37].

Des indices moléculaires
Plus une nation a un QI moyen élevé, plus les marqueurs génétiques connus de l’intelligence sont nombreux[38]. La corrélation est quasiment parfaite. Les marqueurs génétiques connus de l’intelligence (nous sommes loin de les connaître tous et de saisir entièrement l’architecture génétique de l’intelligence) permettent d’expliquer 20 à 25% des différences intellectuelles entre les noirs et les blancs aux États-Unis[39].

Les haplogroupes, parce qu’ils sont des marqueurs de l’histoire évolutive des peuples, sont solidement prédictifs des capacités cognitives des nations — et même à l’intérieur des nations comme l’Italie ou l’Espagne[40].


[1] https://www.vox.com/the-big-idea/2017/5/18/15655638/charles-murray-race-iq-sam-harris-science-free-speech

[2] https://emilkirkegaard.dk/en/?p=7534

[3] Snyderman, M., & Rothman, S. (1987). Survey of expert opinion on intelligence and aptitude testing. American Psychologist, 42(2), 137–144. https://doi.org/10.1037/0003-066X.42.2.137

[4] Heiner Rindermanna, David Becker, Thomas R. Coyle (2020). Survey of expert opinion on intelligence: Intelligence research, experts’ background, controversial issues, and the media. Intelligence, Volume 78, January–February 2020, 101406

[5] https://youtu.be/Bs3FSL0HDkw

[6] https://youtu.be/xRHyGPUH8A4

[7] Katarzyna A. Kaszycka, Goran Štrkalj and Jan Strzałko (2008). Current Views of European Anthropologists on Race: Influence of Educational and Ideological Background. American Anthropologist, New Series, Vol. 111, No. 1 (Mar., 2009), pp. 43-56

[8] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12879450

[9] https://www.ln.edu.hk/philoso/staff/sesardic/Race.pdf

[10] https://home.ubalt.edu/tmitch/645/articles/roth%20et%20al%20ethnic%20grp%20diff%20in%20cog%20abil%20ppsych%202001.pdf

Sur la stabilité de l’écart : https://www.nber.org/papers/w26764

[11] https://lesacreduprintemps19.files.wordpress.com/2012/12/the-magnitude-and-components-of-change-in-the-blacke28093white-iq.pdf

[12] https://psycnet.apa.org/record/2013-39868-004

[13] https://www.cambridge.org/core/books/are-we-getting-smarter/0951AEB8E1BCE479D0E1097C2375F957

[14] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289613000226

[15] https://emilkirkegaard.dk/en/wp-content/uploads/The-g-factor-the-science-of-mental-ability-Arthur-R.-Jensen.pdf

[16] http://arthurjensen.net/wp-content/uploads/2016/07/The-Nature-of-the-Black–White-Difference-on-Various-Psychometric-Tests-Spearman’s-Hypothesis-With-Addded-Commentary-1985-by-Arthur-Robert-Jensen.pdf

[17] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0191886914005248

[18] http://www.kjplanet.com/amp-31-10-726.pdf

[19] https://www.semanticscholar.org/paper/The-Minnesota-transracial-adoption-study%3A-A-of-IQ-Weinberg-Scarr/a2d785edd7aa61b7ba51355053cc61d8b924fe35

[20] https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0956797615612727

[21] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160289619301904

[22] http://www1.udel.edu/educ/gottfredson/reprints/2005cognitivediversity.pdf

[23] https://lesacreduprintemps19.files.wordpress.com/2012/11/making-sense-of-heritability-neven-sesardic.pdf

[24] https://newrepublic.com/article/120887/race-genes-and-iq-new-republics-bell-curve-excerpt

[25] https://www.semanticscholar.org/paper/Race-and-IQ%3A-A-Theory-Based-Review-of-the-Research-Rushton-Jensen/d11462f096317a937ed9e9abf994595996c1cda9

[26] https://www.researchgate.net/publication/318191089_Brain_volume_and_intelligence_The_moderating_role_of_intelligence_measurement_quality

[27] https://www.semanticscholar.org/paper/Race-and-IQ%3A-A-Theory-Based-Review-of-the-Research-Rushton-Jensen/d11462f096317a937ed9e9abf994595996c1cda9

[28] https://www.pnas.org/content/104/52/20753

[29] https://www.mdpi.com/2624-8611/1/1/12

[30] https://www.amazon.fr/000-Year-Explosion-Civilization-Accelerated/dp/0465002218

[31] https://en.wikipedia.org/wiki/Dual_inheritance_theory

[32] https://www.nature.com/articles/nrg2734

[33] https://www.researchgate.net/publication/318571867_Holocene_Selection_for_Variants_Associated_With_General_Cognitive_Ability_Comparing_Ancient_and_Modern_Genomes

[34] https://drive.google.com/file/d/0B3c4TxciNeJZaEY0UjluV1djOG8/view

[35] https://www.pnas.org/content/114/5/E727

[36] Becker, D. & Rindermann, H. (2016). The relationship between cross-national genetic distances and IQ-differences. Personality and Individual Differences, 98, 300–310.

[37] https://emilkirkegaard.dk/en/?p=7995

[38] https://www.mdpi.com/2624-8611/1/1/5

[39] https://emilkirkegaard.dk/en/?p=7995

[40] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289612000529

Sur la violence gratuite en France

Vous avez tous vu passer les interventions de Maurice Berger sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Pédopsychiatre, il travaille dans un centre d’éducation renforcé (CER) dans la région Rhône-Alpes où 88% des enfants et des adolescents admis sont maghrébins. Le docteur donne plusieurs causes à la violence maghrébine :

  • Exposition répétée à des scènes de violence conjugale. Cela concerne jusqu’à 69% des enfants qu’il traite.
  • Négligence et maltraitance, généralement vécues par les parents et reproduites sur leurs enfants.
  • Famille clanique.
  • Fonctionnement tribal des « quartiers ».
  • Éducation sans interdits cohérents.
  • Tempérament impulsif hérité.
  • Ravages de la consanguinité.
  • Justice qui refuse de mettre une butée matérialisée (prison ferme) aux actes violents, et qui crée de fait un « permis de tabasser ».

Maurice Berger note une augmentation critique de la violence gratuite en France – une toutes les quarante-quatre secondes – et l’inaction désespérante des hommes politiques, qu’il a pourtant rencontrés à maintes reprises. Il rejette en bloc toutes les explications de gauche, comme la pauvreté, l’exclusion, le racisme, la ghettoïsation, lesquelles sont une conséquence et non une cause de cette hyperviolence. Il note par ailleurs que de nombreux enfants qu’il reçoit viennent de familles sans aucune difficulté financière. Il admet sans honte le lien entre violence gratuite et immigration. L’on sent chez le médecin une sacrée fatigue du politiquement correct, et aussi beaucoup de désespoir – il sait qu’il prêche dans le vide.

Le développement des aspects physiologiques et cognitifs du Maghrébin violent est très intéressant. Taux de cortisol constamment haut, dérèglements dopaminiques, néocortex déconnecté du cerveau limbique… le docteur Berger est face à des psychopathes en puissance, incapables d’empathie, incapables de déceler des émotions sur un visage, incapables de la moindre pensée abstraite. Certains se mettent à frapper à la moindre frustration ou quand ils doivent suivre un enseignement théorique. Ils ont aussi de graves problèmes psychomoteurs ; ils ne savent pas qu’ils ont un corps, ils sont incapable de localiser leurs tempes ou leurs sourcils. À 16 ans, certains sont incapables de réussir un puzzle anatomique destiné aux enfants de 11 ans. Sur un test de QI, on peut les retrouver autour de 55 – un trisomique peut être plus intelligent que cela.

L’ouvrage est très rapide à lire, accessible et percutant. Son principal défaut est qu’il ne s’autorise pas une psychologie différentielle totale. Fonctionnement clanique, culture patriarcale, maltraitances, négligences et mariages consanguins ne sont pas toute l’histoire : il y a bien des différences génétiques entre les populations quant à la psychopathie, issues d’une longue histoire évolutive qui a poussé les peuples du monde à adopter des stratégies d’histoire de vie différentes.

Maurice Berger termine le livre avec une anecdote personnelle : des petits Maghrébins lui lancent des pierres grosses comme un poing fermé alors qu’il fait son footing quotidien. Comme beaucoup, il ne portera pas plainte. Ces actes ne feront pas partie des statistiques officielles. Et il va devoir déménager.

Métissage et dépression hybride

La question du métissage est peu étudiée du point de vue biologique. Peut-il y avoir une « dépression hybride » chez l’individu issu de deux populations trop éloignées ?

Ernst Mayr écrivait en 1970 : « L’hybridation entre espèces mène presque invariablement à un déséquilibre causé par une association délétère de différents gènes. […] Chez la drosophile, même une hybridation entre les races peut détruire une combinaison de gènes bien agencés. » Autrement dit, des gènes sont sélectionnés en même temps, car ils fonctionnent de concert, et l’hybridation peut détruire cette interaction bénéfique.

Quelques données permettent de penser que le métissage peut causer une dépression hybride chez l’humain.

  1. En Islande, la fertilité est plus importante chez les femmes mariées à des cousins des troisième et quatrième degrés. Au Danemark, la fertilité des femmes est plus haute quand elles se marient avec des hommes qui vivent à un rayon de 75 kilomètres. En contrôlant des variables comme le niveau d’éducation ou l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, la corrélation ne disparaît pas.
  2. Dans les années 1920, Charles Davenport a étudié les métis jamaïcains. Sur différents tests psychométriques, la prévalence d’individus incapables de réussir correctement les exercices était plus haute chez les métis que chez les noirs, alors que la hiérarchie attendue était noir-métis-blanc. Il faut cependant noter que la cohorte était petite.
  3. Dans les années 1930, Jon Alfred Mjøen a constaté des anomalies physiques, physiologiques et mentales chez les métis suéco-lapons qui étaient absentes chez leurs parents. Elles sont causées, selon lui, par des perturbations glandulaires d’origine génétique.
  4. Des études longitudinales aux États-Unis ont montré que les métis étaient plus sujets à des comportements à risque (consommation de drogue, dépression, violence, redoublement scolaire, etc.) que les individus non métissés. Ces données ne sont pas statistiquement extrêmement solides parce qu’il y a peu de métis étudiés. Mais si elles révèlent quelque chose, la question est de savoir la cause.

Quatre hypothèses, notamment pour le point 4 :

  • Dépression hybride.
  • Les individus qui se métissent ont un tempérament particulier, typiquement une histoire de vie rapide. Donc peu de souci du long terme, impulsivité, etc.
  • Problèmes identitaires.
  • Stigmatisation.

La deuxième hypothèse est soutenue par l’anthropologue Edward Dutton. Si ce sont les individus les moins consciencieux qui se métissent, alors il est normal que leur progéniture, qui hérite de ce tempérament, présente des comportements antisociaux.

Mais cela n’explique pas les problèmes physiques, physiologiques et possiblement cognitifs précités. Il est donc fort possible que, dans une certaine mesure, le métissage cause une dépression hybride.

Il semble aussi que le métissage permette, à l’inverse, une certaine vigueur hybride : il a été observé dans certains pays que les femmes qui se mariaient dans les villages les plus éloignés avaient des enfants plus grands. Mais à part cela, et quelque avantage immunitaire, la littérature est très pauvre. D’aucuns ont avancé que l’effet Flynn, c’est-à-dire l’augmentation du QI dans les pays développés, était dû une vigueur hybride déclenchée par la mobilité sociale mais l’hypothèse a été désavouée par la suite.

En guise de conclusion, j’aimerais préciser que la réalité de la dépression hybride n’est pas un argument nécessaire contre le métissage.

  1. Il est largement documenté que les sociétés génétiquement homogènes ont un tissu social plus solide (confiance et coopération accrues).
  2. Les sociétés sont des systèmes bioculturels : défendre une culture implique la défense d’un fonds génétique.
  3. Les métis sont trop souvent victimes d’un mal-être identitaire.

Sources :
https://evoandproud.blogspot.com/2020/01/the-costs-of-outbreeding-what-do-we-know.html
https://emilkirkegaard.dk/en/?p=6618
https://www.bitchute.com/video/BqlEvrDJyVHP/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22003846

Des différences raciales dans la criminalité et la psychopathie

Le QI n’explique pas tout. Dans The Bell Curve, Charles Murray et Richard Herrnstein notaient que la haute prévalence des comportements antisociaux chez les Noirs américains ne pouvait pas être totalement provoquée par les quinze points de QI qui les séparaient des Blancs. Criminologues et biologistes ont la réponse : les races n’ont pas les mêmes stratégies d’histoire de vie !

C’est beau mais ce n’est pas tout.

Des races plus violentes ?

La littérature montre abondamment et sans ambiguïté que les noirs sont plus délinquants et violents que les blancs.

Toutes les études montrent que les noirs sont les plus violents.

Les mongoloïdes, eux, sont moins violents et délinquants que les blancs.

Personne n’est étonné.

Voilà ce qu’écrit Richard Lynn dans son dernier ouvrage :

« […] The Bell Curve soulève le problème selon lequel les disparités intellectuelles entre les races ne peuvent pas expliquer toutes les différences raciales quant à certaines pathologies sociales, tels le crime, le chômage, la pauvreté, les naissances hors mariage, la dépendance à l’État providence, etc. Herrnstein et Murray ont montré qu’à âge et intelligence égaux chez les blancs, les noirs et les hispaniques, ces pathologies sociales étaient réduites mais ne s’estompaient pas complètement. »

Il y propose un tableau qui résume le problème :

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En pourcentage.

Pourquoi ces différences ? Pourquoi, à QI égal, ne sont-elles pas résorbées ? Philippe Rushton a offert une explication intéressante : l’on peut hiérarchiser les races quant à l’histoire de vie.

L’histoire de vie

Je vous livre ce qu’une équipe d’universitaires francophones a écrit sur l’histoire de vie. C’est une grille de lecture qui changera votre vision du monde, soyez attentif.

Merci, De Boeck.

« La théorie des stratégies d’histoire de vie est une conceptualisation générale décrivant les compromis qui doivent être faits en raison de l’énergie limitée dont disposent les individus pour résoudre différents problèmes adaptatifs. De façon générale, l’énergie (en termes de ressources et de temps) allouée à résoudre un problème adaptatif empêche ou limite l’énergie qui peut être allouée à d’autres problèmes adaptatifs. La théorie prédit quatre grands compromis : (1) effort somatique (énergie dédiée à la survie) versus effort reproductif (énergie dédiée à produire la progéniture), (2) effort parental versus effort pour trouver des  partenaires sexuels, (3) qualité versus quantité de la progéniture, et (4) reproduction future versus présente.

Comme l’expliquent plusieurs auteurs, en général ces quatre dimensions de compromis sont reliées l’une à l’autre (i.e., elles corrèlent) et donc, chaque individu adopte une stratégie d’histoire de vie cohérente. La théorie prédit que les caractéristiques psychologiques qui facilitent une stratégie de vie cohérente tendent à être sélectionnées ensemble et tendent donc à être corrélées. En principe, tous les individus peuvent être situés le long d’un continuum des stratégies d’histoire de vie, d’une stratégie lente à une stratégie rapide. Les individus qui ont une maturation et reproduction sexuelle précoce, qui produisent une progéniture nombreuse et qui investissent peu dans les soins parentaux sont considérés comme suivant une stratégie d’histoire de vie rapide. Au contraire, les individus qui ont une maturation sexuelle tardive, qui se reproduisent plus tard, qui ont une progéniture moins nombreuse et qui investissent beaucoup dans les soins parentaux, sont considérés comme suivant une stratégie d’histoire de vie lente. Ce continuum est similaire à la théorie de r/K permettant d’expliquer les différences interspécifiques des stratégies reproductives. En effet, Wilson a proposé que plusieurs stratégies adaptatives peuvent être situées le long d’un continuum allant d’un faible investissement parental et une fécondité élevée (sélection r) jusqu’à un investissement parental élevé et une fécondité faible (sélection K). Rushton a expliqué qu’en moyenne, comparativement à d’autres espèces, les humains tendent à adopter une stratégie de sélection K. Toutefois, au même titre qu’il y a des différences inter-espèces dans le choix des stratégies d’histoire de vie, il y a des différences intra-espèces, particulièrement chez l’humain.

La théorie des stratégies d’histoire de vie procure un cadre conceptuel évolutionniste pour comprendre les différences individuelles dans la personnalité et différentes psychopathologies. Del Giudice a proposé l’idée selon laquelle la majorité des psychopathologies pouvaient se regrouper en deux grands spectres eu égard aux stratégies d’histoire de vie : la psychopathologie de spectre lent (e.g., dépression, troubles anxieux, trouble d’obsession-compulsion, troubles alimentaires, troubles du spectre de l’autisme) et la psychopathologie de spectre rapide (e.g., troubles extériorisés, trouble bipolaire, troubles schizophréniformes). Selon cette hypothèse, les différents troubles extériorisés devraient montrer de fortes corrélations phénotypiques et génétiques entre eux, ce qui indiquerait qu’il existe une dimension d’ordre supérieur héréditaire qui explique cette covariation. Des études génétiquement informatives soutiennent cette hypothèse.

La psychopathie est une condition de nature extériorisée et fait partie du spectre rapide du continuum des stratégies d’histoire de vie. La prévalence de la psychopathie (et de l’ensemble des troubles extériorisés) étant largement plus élevée chez les hommes que les femmes, autant dans les échantillons cliniques que populationnels. Il n’est donc pas étonnant que différents auteurs aient proposé que le comportement antisocial persistant et la psychopathie soient reliés à une stratégie d’histoire de vie rapide.
Dans les études utilisant des mesures des stratégies d’histoire de vie, la psychopathie corrèle fortement avec l’impulsivité, la prise de risque élevée, un manque de planification, l’agressivité physique, l’agressivité instrumentale, le grand nombre de partenaires sexuels, la courte durée des relations conjugales et la consommation de drogues et d’alcool et même la coercition sexuelle. Même si la psychopathie est traditionnellement considérée comme une pathologie développementale (avec des déficits structurels ou fonctionnels du cerveau), la perspective évolutionniste considère plutôt que cette condition peut apporter des avantages adaptatifs en termes de survie et de reproduction, surtout lorsqu’il y a présence de promiscuité sexuelle et davantage de relations à court terme. Bien que les traits psychopathiques soient considérés indésirables pour la société en général, ils semblent adaptatifs du point de vue évolutionniste.

Des méta-analyses ont confirmé que la psychopathie est reliée aux traits normaux de personnalité chez les deux sexes et ce, autant durant l’enfance, l’adolescence que l’âge adulte. Comme mentionné précédemment, la psychopathie est fortement reliée à des faibles niveaux d’amabilité et de contrôle, mais semble aussi reliée à des aspects spécifiques de l’extraversion (activité, dominance sociale, recherche de sensation) et de la stabilité émotive (faible anxiété, faible vulnérabilité affective). Plusieurs auteurs ont proposé que les différences individuelles dans les traits de personnalité peuvent être conceptualisées comme des stratégies alternatives pour résoudre des problèmes adaptatifs récurrents et devraient donc être reliées aux stratégies d’histoire de vie. Un trait de personnalité représente le patron caractéristique d’adaptation dans la manière habituelle de penser (cognitions), de sentir ou de ressentir (émotions) et de se comporter ou de réagir (comportements) qui tend à demeurer relativement stable à travers les situations sociales et dans le temps. Il n’est donc pas étonnant que les traits de personnalité affichent des liens conceptuellement cohérents avec les stratégies d’histoire de vie.

À partir du modèle en cinq grands traits, Del Giudice suggère qu’un niveau élevé d’amabilité et de contrôle est lié à une stratégie lente, tandis qu’un niveau faible sur ces traits est associé à une stratégie rapide. Dans une moindre mesure, un niveau élevé de stabilité émotive est aussi associé à une stratégie lente. Alors que l’extraversion et l’ouverture ne semblent pas distinctement reliées aux stratégies d’histoire de vie, des aspects plus spécifiques (traits primaires) de ces traits le sont. En outre, un niveau élevé d’activité, de recherche de sensation et de dominance — des traits primaires de l’extraversion — pourrait être relié à une stratégie rapide. Pour ce qui est de l’ouverture, il est possible d’affirmer qu’un niveau élevé d’imagination et d’ouverture à la nouveauté — des traits primaires de l’ouverture — soit relié à une stratégie plus rapide puisqu’ils sont souvent associés à la désinhibition sexuelle, à des objectifs à plus court terme ainsi qu’à des relations conjugales de moins longue durée.

Il est intéressant de noter que Buss a proposé que les changements développementaux qui sont observés dans les traits de personnalité au cours de la vie — c’est-à-dire augmentation de l’amabilité, du contrôle et de la stabilité émotive — pourraient être, au moins en partie, expliqués par les changements dans les stratégies d’histoire de vie adoptées par les individus (i.e., changer graduellement vers une stratégie plus lente). Ceci est important puisque les changements dans les traits de personnalité de l’adolescence à l’âge adulte semblent liés à l’abandon des comportements antisociaux.

Dans sa théorie regroupant les psychopathologies en fonction des stratégies d’histoire de vie, Del Giudice fait la prédiction qu’une stratégie rapide est caractérisée par un profil prototypique dans les (1) motivations (antagonisme social, attachement faible ou instable, sexualité précoce, promiscuité sexuelle, appétit sexuel élevé, prise de risque), (2) l’autorégulation (désinhibition, impulsivité, manque de considération des gains futurs), (3) les traits de personnalité (faible amabilité et contrôle), (4) la maturation sexuelle (précoce et rapide) et (5) l’environnement (dur, imprévisible, exposition fréquente à des stresseurs multiples). Les données disponibles semblent appuyer cette prédiction pour la psychopathie. »

Fin de la citation.

Il y a un non-dit qui plane sur cet extrait. Si Rushton est cité pour dire qu’il y a de grandes variations dans l’histoire de vie au sein de l’espèce humaine, les auteurs ne disent pas précisément quel type de variation Philippe Rushton a mis au jour. En l’occurrence, il s’agit de variations entre les races. En fait, les caractéristiques typiquement r décrites supra se retrouvent de manière très marquée chez les congoïdes.

Le grand oeuvre de Philippe Rushton.

Philippe Rushton a analysé plusieurs dizaines de variables, morphologiques, physiologiques et psychologiques dans son magnum opus. Prenons un exemple, la maturation. On le voit ci-dessous, elle est plus précoce chez les congoïdes et plus lente chez les mongoloïdes. Or, une maturation rapide indique une histoire de vie rapide, c’est-à-dire r.

L’effort reproductif étant au cœur de la stratégie rapide, il faut s’attendre à ce que les congoïdes aient des caractéristiques sexuelles primaires et secondaires plus prononcées : c’est le cas ; des rapports sexuels prémaritaux, maritaux, extramaritaux plus fréquents : c’est le cas ; des hormones sexuels (testostérone, gonadotrophine, hormone folliculo-stimulante) plus présents : c’est le cas. Etc. Lire ou relire Rushton.

Les noirs ont donc une histoire de vie rapide. Les caractéristiques psychologiques décrites supra dans le De Boeck sont par conséquent particulièrement prévalentes chez eux. Bref, ils sont tendanciellement plus psychopathes que les blancs.

Nota bene : les Arabes ne sont pas épargnés.

Richard Lynn a voulu creuser la question. Particulièrement intéressé par les différences raciales dans la psychopathie, il a publié un premier article sur la question en 2002 et un ouvrage, donc, en 2019. Sans surprise, il arrive aux mêmes conclusions que Rushton : quelles que soient les régions du monde étudiées, l’on peut hiérarchiser les races et les populations quant à la psychopathie.

Quelques tableaux :

Différences raciales dans les maltraitances faites aux enfants, Lynn (2019)
Lynn (2019)

L’évolution des stratégies d’histoire de vie

Ces différentes stratégies sont profondément ancrées dans nos gènes. Quel environnement a sélectionné une histoire de vie lente chez les caucasoïdes et les mongoloïdes du nord ? Lynn propose une explication dans son dernier ouvrage. Les hivers et les printemps froids ont sélectionné des couples plus unis, des individus plus capables de résister aux gratifications immédiates et de maintenir des relations sociales harmonieuses.

1. Cette sélection des couples forts tient notamment au fait que des ressources alimentaires sont facilement accessibles toute l’année près de l’Equateur, ce qui n’est pas le cas dans les latitudes plus élevées. Dès lors, une coopération parentale de long terme pour s’occuper de la progéniture est essentielle.

2. Ce problème de ressources implique de pouvoir supporter une gratification différée. Une large part des ressources alimentaires en Eurasie n’est disponible qu’une partie de l’année.

3. La chasse de grosses proies implique la coopération de plusieurs hommes, et c’est une source de nourriture de premier ordre quand les hivers froids raréfient les autres ressources. Cette chasse, pour être réussie, demande une diminution de l’agressivité envers les autres hommes et moins de promiscuité sexuelle, laquelle est conflictuelle.

Michael Woodley et Gehard Meisenberg, dans une analyse plus complète, rajoutent notamment l’agriculture. La révolution néolithique a sans doute, en effet, ralentit l’histoire de vie en sélectionnant des tempéraments prévoyants et soucieux du long terme. Et l’urbanisation qui a suivi a sélectionné des tempéraments compatibles avec une forte densité humaine.

Il faut aussi évoquer la prévalence des pathogènes, qui est plus haute aux basses latitudes. C’est une variable importante pour prédire l’histoire de vie d’une population : plus il y a de parasites, et plus la mortalité et la morbidité sont dites incontrôlables, ce qui favorise une histoire de vie rapide – si la survie de l’enfant n’est pas assurée, autant ne pas investir beaucoup de ressources dans celui-ci.

D’un point de vue neuro-physiologique, le ralentissement de l’histoire de vie signifie une baisse de la testostérone. On peut lire cet article publié en 2014 dans Current Anthropology :

Autrement dit, l’homme n’a cessé de se domestiquer, ce qui est plus ou moins synonyme de féminisation, par le biais d’une coévolution des gènes et de la culture qui a réduit son taux de testostérone – et réduit la fréquence de certains gènes associés à l’agressivité, tel MAOA.

Les différences raciales dans la testostérone, là encore, sont bien documentées. Lee Ellis a écrit un formidable article qui les synthétise, et montre à quel point elles sont explicatives de la criminalité des différentes races. Toutes les races ne sont donc pas domestiquées ou féminisées avec la même ampleur.

En guise de conclusion

J’aimerais préciser quelques points :

  • L’histoire de vie n’est qu’en partie génétique. L’environnement a aussi son rôle à jouer. Par exemple, les noirs américains sont souvent pris dans une spirale négative où l’environnement délétère (par ex. violent) dans lequel ils grandissent déclenche, épigénétiquement, une histoire de vie très rapide.
  • Plus positivement, la révolution industrielle prend ses racines et dans une augmentation de l’intelligence et dans un ralentissement de l’histoire de vie, les deux étant à la fois génétiques et épigénétiques.
  • Parler de « personnalité psychopathique » relève du champ lexical de la pathologie. Dans la mesure où l’histoire de vie rapide est une adaptation à une niche écologique, il convient peut-être d’abandonner ce premier terme.
  • L’histoire de vie et l’intelligence sont très positivement corrélées au niveau des populations, parce qu’issues des mêmes pressions évolutionnaires, mais ne le sont quasiment pas au niveau individuel. Aussi trouve-t-on des blancs extrêmement intelligents et à l’histoire de vie très rapide. Et inversement.
  • Certains auteurs parlent d’un changement de paradigme en criminologie. Celle-ci iraient de plus en plus vers une approche « biosociale ».
  • Il y a des noms à connaître si l’on s’intéresse à la criminologie qui n’ignore pas la biologie : Lee Ellis, Brian Boutwell, Kevin Beaver, Anthony Walsh ou encore John P. Wright.
  • Contrairement au mythe, les non blancs sont surreprésentés dans les crimes de « col blanc ».
  • À niveaux sociaux et économiques égaux, l’on retrouve quand même des différences raciales dans la criminalité.

Carte mondiale des QI : l’article de Libération a-t-il une valeur quelconque ?

Libération a publié un article hallucinant de médiocrité, censé éclairer la lecture de la carte mondiale des QI. Il est écrit par Pauline Moullot, qui certes ne comprend rien à ce qu’elle écrit, mais a eu au moins le mérite de demander leur avis à des experts, lesquels ont sans ambages validé la pertinence de la carte.

Quelques extraits :

« Davantage » ? Il est très précisément indiqué dans The Bell Curve que la part de la génétique dans les différences raciales n’est pas clairement établie. Murray et Herrnstein posent l’hypothèse selon laquelle l’environnement joue à hauteur de 50%. The Bell Curve n’en a pas fini d’être le bouc émissaire des petits antiracistes.

Premièrement, Angela Saini a le mérite d’avoir écrit un ouvrage qui rassemble tous les sophismes antiracistes, éculés et bien connus, auxquels on a mille fois répondu. Mais répondons à cette affirmation précise, comme quoi les héréditaristes seraient très marginaux.

Survey of expert opinion on intelligence: Intelligence research, experts’ background, controversial issues, and the media (2020)

En réalité, une très large part des chercheurs en intelligence tendent à reconnaître une part génétique dans les différences intellectuelles entre les races et les populations. Certes, on le voit sur le graphique supra, il persiste un noyau dur d’experts persuadés que l’évolution s’arrête sous le menton, mais cela rend-il l’affirmation de Saini plus juste ? Non. Suivant.

Avec Hunt, Wittmann a beaucoup critiqué Lynn. Mais force leur a été de constater, comme le relève Libé, que le travail de Lynn et Vanhanen est globalement pertinent. Merci, Pauline, de mâcher mon travail.

Ramus dit la même chose : la carte est juste dans les grandes lignes. Mais il divague sur la question de la causalité. Si vous voulez voir à quel point il se moque du monde quand le sujet devient trop sensible, je vous recommande cet article. Concrètement, il ferme les yeux sur un pan entier de la littérature (trop gênante, j’imagine).

Les gènes ou l’environnement ?

Libération se penche sur l’avis de Kevin Mitchell, qui affirme qu’il est très improbable que les différences entre les populations soient génétiques.

Le point de vue de Kevin Mitchell importe-i-il ? Non.

Comme vu précédemment, le point de vue de Mitchell ne correspond pas à celui des autres chercheurs. Il fait partie de la frange radicale qui tient la position absurde 100% environnement-0% génétique.

Son argument est le même que celui de Franck Ramus : l’effet Flynn. Autrement dit, parce que l’amélioration de l’environnement permet d’augmenter les résultats sur les tests de QI, il faudrait s’attendre à ce que toutes les différences soient dues à l’environnement, et ce malgré l’avalanche de données qui montrent que ce n’est pas le cas. C’est évidemment absurde.

J’ai déjà donné les arguments principaux dans un article précédent.

Evidence for Recent Polygenic Selection on Educational Attainment and Intelligence Inferred from Gwas Hits, Piffer (2019)

Premièrement, l’on connait des milliers de marqueurs génétiques associés à l’intelligence, et leur répartition est profondément inégale entre les populations du monde. EDU3, sur le graphique supra, est le score polygénique, c’est-à-dire l’ensemble des marqueurs génétiques utilisés pour l’étude, et il est très, très positivement corrélé aux quotients intellectuels des populations du monde. Cela fera de la lecture pour Pauline.

Ce que la génétique nous montre depuis peu ne fait que confirmer ce que les psychométriciens ont affirmé depuis des décennies. Bis repetita placent : on sait précisément quelles sont les parties des tests de QI qui sont influencées par l’environnement, et celles qui ne le sont pas. On sait précisément sur quelles parties des tests de QI l’effet Flynn peut agir, et l’on sait que l’effet Flynn n’agit pas sur les parties où se trouvent les différences raciales.

Bref, cet article de CheckNews est évidemment un morceau de propagande profondément malhonnête. Soyons clairs : ce n’est pas un problème de prise de position, d’orientation : c’est un problème de malhonnêteté. Ou d’incompétence crasse, qui sait.

Ou les deux.