Nous sommes nos gènes

Deux excellents textes récents synthétisent ce que l’on sait de la part génétique de notre intelligence et de notre tempérament : elle est (quasiment) totale. Le premier texte est en fait le deuxième chapitre de Modernity and Cultural Decline: A Biobehavioral Perspective, superbe ouvrage sur la dimension biologique du cycle des civilisations — c’est comme si Galton, Spengler et Kaczynski avaient écrit un livre — dont je recommande très chaudement la lecture entière.

Le deuxième texte est une version plus synthétique publiée dans l’Encyclopedia of Evolutionary Psychological Science, éditée par Todd K. Shackelford et Viviana A. Weekes-Shackelford.

Michael Woodley of Menie semble être le principal auteur des deux textes. Pour lire le reste de l’ouvrage ou d’autres articles de l’encyclopédie, n’oubliez pas qu’il existe Sci-Hub et Library Genesis.

Race et intelligence : l’état de la science

La charge de la preuve revient aux environnementalistes, parce qu’il n’y pas, dans le temps et dans l’espace, deux races intellectuellement identiques ; parce qu’il n’y a pas de raison de penser que l’évolution se soit arrêtée sous le menton ; parce que l’écrasante majorité des chercheurs en intelligence pensent que les différences cognitives entre les races ont une dimension génétique.

Les environnementalistes ont de très mauvais arguments[1], à savoir que l’écart de QI entre les noirs et les blancs se réduirait substantiellement, que l’effet Flynn pourrait le combler entièrement, ou encore que les enfants adoptés et les gains de QI qu’ils présentent sont la preuve que les différences raciales sont dues à l’environnement. On entend aussi parfois parler de la « menace du stéréotype » qui voudrait qu’un groupe sujet à des préjugés négatifs quant à ses capacités cognitives aurait des performances réduites lors du passage d’un test de QI ; or, c’est une vaste fumisterie intellectuelle qui ne résiste pas à l’analyse — et cette analyse est faite par des chercheurs qui font tout pour trouver des explications environnementales aux différences raciales[2].

Ce que pensent les chercheurs
Les sondages réalisés auprès des « chercheurs en intelligence » ont montré qu’ils étaient une majorité à considérer que les gènes jouaient un rôle dans les différences intellectuelles entre les races et les nations[3][4].

Des pontes comme Jared Diamond[5] ou Charles Murray[6] ont raconté comment, en privé, un nombre considérable d’universitaires disaient penser que les différences raciales quant à l’intelligence étaient innées, et défendre tout à fait l’inverse en public.

De manière générale, la négation des races humaines est une spécificité occidentale qui n’a jamais débouché sur un consensus parmi les chercheurs en anthropologie biologique[7]. Les arguments populaires répétés ad nauseam par les antiracistes sont d’ailleurs grossièrement faux[8][9].

Un écart stable et substantiel
Un pays multiracial comme les États-Unis n’a pas vu le fossé cognitif entre les noirs et les blancs disparaître malgré des décennies d’antiracisme et de discrimination positive. Cet écart est aujourd’hui stable et est à peu près de 15 points de QI[10]. Parmi les cohortes nées après les années 1960, aucune diminution de l’écart entre les noirs et les blancs n’a été repérée — en fait, il semble même s’être légèrement accentué[11].

Un effet Flynn hors de propos
L’effet Flynn touche les pays dont l’histoire de vie se ralentit[12] et l’éducation se développe[13]. Le QI augmente alors à chaque génération, mais pas de façon homogène : les gains ne portent que sur les parties des tests les moins héritables[14]. C’est un détail fondamental parce qu’il est démontré qu’à l’inverse, les différences raciales au sein des pays développés portent sur les parties des tests les plus héritables[15][16]. Ces données permettent de dire que les 15 points qui séparent les noirs et les blancs en Occident sont génétiques et que l’éducation et l’amélioration de la qualité de vie des noirs n’y pourront donc rien.

Des adoptions qui ne prouvent rien
Les gains de QI des enfants issus de milieux défavorisés adoptés par des familles aisées ne permettent pas de penser que l’environnement est la cause des différences raciales. Premièrement, la plupart des études évoquées par les environnementalistes n’analysent que des enfants. Or, l’effet Wilson veut que l’héritabilité du QI augmente avec l’âge. Des gains dans l’enfance, aussi larges qu’ils soient, ne signifient donc pas grand-chose. Deuxièmement, et surtout, il a été montré que les gains des adoptions ne concernent pas la partie héritable des tests de QI[17] — or c’est là, répétons-le, que se trouvent les différences raciales.

La littérature sur les enfants adoptés n’est pas suffisamment touffue pour enfoncer le clou et il existe des études contradictoires. Néanmoins, l’étude la plus complète jamais réalisée montre que les enfants adoptés tendent largement vers le QI moyen de leur race[18][19] — et les métis tombent au milieu — que ce soit durant l’enfance ou à l’âge adulte, c’est-à-dire quand le QI devient hautement héritable.

L’héritabilité est la même partout
Un argument consiste à dire que l’héritabilité du QI est plus basse dans les classes sociales défavorisées, et donc chez les noirs. C’est ce qu’on appelle l’effet Scarr-Rowe. Aussi, le QI des noirs serait beaucoup plus modelé par l’environnement que celui des blancs. Premièrement, la littérature sur la question montre que cet effet n’a rien de certain[20]. Deuxièmement, il a été récemment montré que l’héritabilité est la même entre les races aux États-Unis[21] — seul pays où l’effet Scarr-Rowe a été observé. Troisièmement, l’écart de QI entre les noirs et les blancs persiste voire s’agrandit quand on se contente d’étudier les classes sociales supérieures[22].

La haute héritabilité de l’intelligence n’implique pas nécessairement que les différences raciales en intelligence soient génétiques. Néanmoins, plus l’héritabilité d’un trait est haute, plus les différences environnementales doivent être importantes pour expliquer les différences[23]. Est-ce le cas, par exemple, aux États-Unis ? L’on peut sérieusement en douter dans la mesure où à niveau économique égal, l’écart cognitif entre les noirs et les blancs ne se réduit que de 37%[24].

Des indices physiologiques et morphologiques
Le temps de réaction est fortement corrélé (jusqu’à 0.7) à l’intelligence générale. Or, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, les groupes raciaux qui ont les temps de réaction les plus rapides sont aussi ceux qui ont les meilleurs résultats aux tests de QI.[25]

Chez sapiens, la taille du cerveau est significativement corrélée à l’intelligence (0.4)[26], tant au niveau individuel que racial. On retrouve cette corrélation au sein même des familles. L’anthropologie physique a montré sans ambiguïté (aujourd’hui à l’aide d’IRM) que les races qui ont les meilleurs résultats sur les tests de QI ont aussi les plus gros cerveaux. Elles ont également les cerveaux les plus lourds et dotés de plus de circonvolutions. La taille et la structure du cerveau sont hautement héritables. Les différences raciales dans la taille du cerveau se retrouvent chez les fœtus[27].

L’évolution peut être rapide, locale et substantielle
L’évolution humaine ne s’est pas arrêtée une fois que l’homme moderne est apparu. Elle s’est accélérée il y a 40000 ans[28].

Il est probable que les hivers froids, en posant des défis cognitifs nouveaux et relativement difficiles, sélectionnent l’intelligence[29].

L’évolution s’est drastiquement accélérée il y a 10000 ans avec la révolution néolithique[30]. Il est consensuel de dire que l’évolution est bioculturelle, c’est-à-dire que les gènes coévoluent avec la culture[31]. Ainsi, chaque civilisation est une niche écologique qui, dans une boucle de rétroaction positive, sélectionne différents traits qui modifient en retour la civilisation[32]. Il a été montré au niveau moléculaire que la révolution néolithique, qui s’est opérée très inégalement dans le monde, a sélectionné de meilleures capacités cognitives[33]. À l’inverse, la sélection de l’intelligence s’est inversée en Occident à partir de la révolution industrielle[34] — cela a été montré au niveau moléculaire en Islande[35].

Plus les pays sont similaires génétiquement, plus leurs capacités cognitives sont proches, même en contrôlant des variables comme l’IDH[36].

Chez les noirs américains, la part d’ancêtres blancs est positivement corrélée au QI[37].

Des indices moléculaires
Plus une nation a un QI moyen élevé, plus les marqueurs génétiques connus de l’intelligence sont nombreux[38]. La corrélation est quasiment parfaite. Les marqueurs génétiques connus de l’intelligence (nous sommes loin de les connaître tous et de saisir entièrement l’architecture génétique de l’intelligence) permettent d’expliquer 20 à 25% des différences intellectuelles entre les noirs et les blancs aux États-Unis[39].

Les haplogroupes, parce qu’ils sont des marqueurs de l’histoire évolutive des peuples, sont solidement prédictifs des capacités cognitives des nations — et même à l’intérieur des nations comme l’Italie ou l’Espagne[40].


[1] https://www.vox.com/the-big-idea/2017/5/18/15655638/charles-murray-race-iq-sam-harris-science-free-speech

[2] https://emilkirkegaard.dk/en/?p=7534

[3] Snyderman, M., & Rothman, S. (1987). Survey of expert opinion on intelligence and aptitude testing. American Psychologist, 42(2), 137–144. https://doi.org/10.1037/0003-066X.42.2.137

[4] Heiner Rindermanna, David Becker, Thomas R. Coyle (2020). Survey of expert opinion on intelligence: Intelligence research, experts’ background, controversial issues, and the media. Intelligence, Volume 78, January–February 2020, 101406

[5] https://youtu.be/Bs3FSL0HDkw

[6] https://youtu.be/xRHyGPUH8A4

[7] Katarzyna A. Kaszycka, Goran Štrkalj and Jan Strzałko (2008). Current Views of European Anthropologists on Race: Influence of Educational and Ideological Background. American Anthropologist, New Series, Vol. 111, No. 1 (Mar., 2009), pp. 43-56

[8] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12879450

[9] https://www.ln.edu.hk/philoso/staff/sesardic/Race.pdf

[10] https://home.ubalt.edu/tmitch/645/articles/roth%20et%20al%20ethnic%20grp%20diff%20in%20cog%20abil%20ppsych%202001.pdf

Sur la stabilité de l’écart : https://www.nber.org/papers/w26764

[11] https://lesacreduprintemps19.files.wordpress.com/2012/12/the-magnitude-and-components-of-change-in-the-blacke28093white-iq.pdf

[12] https://psycnet.apa.org/record/2013-39868-004

[13] https://www.cambridge.org/core/books/are-we-getting-smarter/0951AEB8E1BCE479D0E1097C2375F957

[14] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289613000226

[15] https://emilkirkegaard.dk/en/wp-content/uploads/The-g-factor-the-science-of-mental-ability-Arthur-R.-Jensen.pdf

[16] http://arthurjensen.net/wp-content/uploads/2016/07/The-Nature-of-the-Black–White-Difference-on-Various-Psychometric-Tests-Spearman’s-Hypothesis-With-Addded-Commentary-1985-by-Arthur-Robert-Jensen.pdf

[17] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0191886914005248

[18] http://www.kjplanet.com/amp-31-10-726.pdf

[19] https://www.semanticscholar.org/paper/The-Minnesota-transracial-adoption-study%3A-A-of-IQ-Weinberg-Scarr/a2d785edd7aa61b7ba51355053cc61d8b924fe35

[20] https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0956797615612727

[21] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160289619301904

[22] http://www1.udel.edu/educ/gottfredson/reprints/2005cognitivediversity.pdf

[23] https://lesacreduprintemps19.files.wordpress.com/2012/11/making-sense-of-heritability-neven-sesardic.pdf

[24] https://newrepublic.com/article/120887/race-genes-and-iq-new-republics-bell-curve-excerpt

[25] https://www.semanticscholar.org/paper/Race-and-IQ%3A-A-Theory-Based-Review-of-the-Research-Rushton-Jensen/d11462f096317a937ed9e9abf994595996c1cda9

[26] https://www.researchgate.net/publication/318191089_Brain_volume_and_intelligence_The_moderating_role_of_intelligence_measurement_quality

[27] https://www.semanticscholar.org/paper/Race-and-IQ%3A-A-Theory-Based-Review-of-the-Research-Rushton-Jensen/d11462f096317a937ed9e9abf994595996c1cda9

[28] https://www.pnas.org/content/104/52/20753

[29] https://www.mdpi.com/2624-8611/1/1/12

[30] https://www.amazon.fr/000-Year-Explosion-Civilization-Accelerated/dp/0465002218

[31] https://en.wikipedia.org/wiki/Dual_inheritance_theory

[32] https://www.nature.com/articles/nrg2734

[33] https://www.researchgate.net/publication/318571867_Holocene_Selection_for_Variants_Associated_With_General_Cognitive_Ability_Comparing_Ancient_and_Modern_Genomes

[34] https://drive.google.com/file/d/0B3c4TxciNeJZaEY0UjluV1djOG8/view

[35] https://www.pnas.org/content/114/5/E727

[36] Becker, D. & Rindermann, H. (2016). The relationship between cross-national genetic distances and IQ-differences. Personality and Individual Differences, 98, 300–310.

[37] https://emilkirkegaard.dk/en/?p=7995

[38] https://www.mdpi.com/2624-8611/1/1/5

[39] https://emilkirkegaard.dk/en/?p=7995

[40] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289612000529

Sur la violence gratuite en France

Vous avez tous vu passer les interventions de Maurice Berger sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Pédopsychiatre, il travaille dans un centre d’éducation renforcé (CER) dans la région Rhône-Alpes où 88% des enfants et des adolescents admis sont maghrébins. Le docteur donne plusieurs causes à la violence maghrébine :

  • Exposition répétée à des scènes de violence conjugale. Cela concerne jusqu’à 69% des enfants qu’il traite.
  • Négligence et maltraitance, généralement vécues par les parents et reproduites sur leurs enfants.
  • Famille clanique.
  • Fonctionnement tribal des « quartiers ».
  • Éducation sans interdits cohérents.
  • Tempérament impulsif hérité.
  • Ravages de la consanguinité.
  • Justice qui refuse de mettre une butée matérialisée (prison ferme) aux actes violents, et qui crée de fait un « permis de tabasser ».

Maurice Berger note une augmentation critique de la violence gratuite en France – une toutes les quarante-quatre secondes – et l’inaction désespérante des hommes politiques, qu’il a pourtant rencontrés à maintes reprises. Il rejette en bloc toutes les explications de gauche, comme la pauvreté, l’exclusion, le racisme, la ghettoïsation, laquelle est une conséquence et non une cause de cette hyperviolence. Il note par ailleurs que de nombreux enfants qu’il reçoit viennent de familles sans aucune difficulté financière. Il admet sans honte le lien entre violence gratuite et immigration. L’on sent chez le médecin une sacrée fatigue du politiquement correct, et aussi beaucoup de désespoir – il sait qu’il prêche dans le vide.

Le développement des aspects physiologiques et cognitifs du Maghrébin violent est très intéressant. Taux de cortisol constamment haut, dérèglements dopaminiques, néocortex déconnecté du cerveau limbique… le docteur berger est face à des psychopathes en puissance, incapables d’empathie, incapables de déceler des émotions sur un visage, incapables de la moindre pensée abstraite. Certains se mettent à frapper à la moindre frustration ou quand ils doivent suivre un enseignement théorique. Ils ont aussi de graves problèmes psychomoteurs ; ils ne savent pas qu’ils ont un corps, ils sont incapable de localiser leurs tempes ou leurs sourcils. À 16 ans, certains sont incapables de réussir un puzzle anatomique destiné aux enfants de 11 ans. Sur un test de QI, on peut les retrouver autour de 55 – un trisomique peut être plus intelligent que cela.

L’ouvrage est très rapide à lire, accessible et percutant. Son principal défaut est qu’il ne s’autorise pas une psychologie différentielle totale. Fonctionnement clanique, culture patriarcale, maltraitances, négligences et mariages consanguins ne sont pas toute l’histoire : il y a bien des différences génétiques entre les populations quant à la psychopathie, issues d’une longue histoire évolutionnaire qui a poussé les peuples du monde à adopter des stratégies d’histoire de vie différentes.

Maurice Berger termine le livre avec une anecdote personnelle : des petits maghrébins lui lancent des pierres grosses comme un poing fermé alors qu’il fait son footing quotidien. Comme beaucoup, il ne portera pas plainte. Ces actes ne feront pas partie des statistiques officielles. Et il va devoir déménager.

Métissage et dépression hybride

La question du métissage est peu étudiée du point de vue biologique. Peut-il y avoir une « dépression hybride » chez l’individu issu de deux populations trop éloignées ?

Ernst Mayr écrivait en 1970 : « L’hybridation entre espèces mène presque invariablement à un déséquilibre causé par une association délétère de différents gènes. […] Chez la drosophile, même une hybridation entre les races peut détruire une combinaison de gènes bien agencés. » Autrement dit, des gènes sont sélectionnés en même temps, car ils fonctionnent de concert, et l’hybridation peut détruire cette interaction bénéfique.

Quelques données permettent de penser que le métissage peut causer une dépression hybride chez l’humain.

  1. En Islande, la fertilité est plus importante chez les femmes mariées à des cousins des troisième et quatrième degrés. Au Danemark, la fertilité des femmes est plus haute quand elles se marient avec des hommes qui vivent à un rayon de 75 kilomètres. En contrôlant des variables comme le niveau d’éducation ou l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, la corrélation ne disparaît pas.
  2. Dans les années 1920, Charles Davenport a étudié les métis jamaïcains. Sur différents tests psychométriques, la prévalence d’individus incapables de réussir correctement les exercices était plus haute chez les métis que chez les noirs, alors que la hiérarchie attendue était noir-métis-blanc. Il faut cependant noter que la cohorte était petite.
  3. Dans les années 1930, Jon Alfred Mjøen a constaté des anomalies physiques, physiologiques et mentales chez les métis suéco-lapons qui étaient absentes chez leurs parents. Elles sont causées, selon lui, par des perturbations glandulaires d’origine génétique.
  4. Des études longitudinales aux États-Unis ont montré que les métis étaient plus sujets à des comportements à risque (consommation de drogue, dépression, violence, redoublement scolaire, etc.) que les individus non métissés. Ces données ne sont pas statistiquement extrêmement solides parce qu’il y a peu de métis étudiés. Mais si elles révèlent quelque chose, la question est de savoir la cause.

Quatre hypothèses, notamment pour le point 4 :

  • Dépression hybride.
  • Les individus qui se métissent ont un tempérament particulier, typiquement une histoire de vie rapide. Donc peu de souci du long terme, impulsivité, etc.
  • Problèmes identitaires.
  • Stigmatisation.

La deuxième hypothèse est soutenue par l’anthropologue Edward Dutton. Si ce sont les individus les moins consciencieux qui se métissent, alors il est normal que leur progéniture, qui hérite de ce tempérament, présente des comportements antisociaux.

Mais cela n’explique pas les problèmes physiques, physiologiques et possiblement cognitifs précités. Il est donc fort possible que, dans une certaine mesure, le métissage cause une dépression hybride.

Il semble aussi que le métissage permette, à l’inverse, une certaine vigueur hybride : il a été observé dans certains pays que les femmes qui se mariaient dans les villages les plus éloignés avaient des enfants plus grands. Mais à part cela, et quelque avantage immunitaire, la littérature est très pauvre. D’aucuns ont avancé que l’effet Flynn, c’est-à-dire l’augmentation du QI dans les pays développés, était dû une vigueur hybride déclenchée par la mobilité sociale mais l’hypothèse a été désavouée par la suite.

En guise de conclusion, j’aimerais préciser que la réalité de la dépression hybride n’est pas un argument nécessaire contre le métissage.

  1. Il est largement documenté que les sociétés génétiquement homogènes ont un tissu social plus solide (confiance et coopération accrues).
  2. Les sociétés sont des systèmes bioculturels : défendre une culture implique la défense d’un fonds génétique.
  3. Les métis sont trop souvent victimes d’un mal-être identitaire.

P.S. Il reste un argument valable pour le métissage : certaines races, parce que pas ou très récemment industrialisées, portent peu de mutations délétères, contrairement aux caucasoïdes d’Occident. Évidemment, cela ne pèse rien face aux arguments cités en conclusion.

Sources :
https://evoandproud.blogspot.com/2020/01/the-costs-of-outbreeding-what-do-we-know.html
https://emilkirkegaard.dk/en/?p=6618
https://www.bitchute.com/video/BqlEvrDJyVHP/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22003846

Des différences raciales dans la criminalité et la psychopathie

Le QI n’explique pas tout. Dans The Bell Curve, Charles Murray et Richard Herrnstein notaient que la haute prévalence des comportements antisociaux chez les Noirs américains ne pouvait pas être totalement provoquée par les quinze points de QI qui les séparaient des Blancs. Criminologues et biologistes ont la réponse : les races n’ont pas les mêmes stratégies d’histoire de vie !

C’est beau mais ce n’est pas tout.

Des races plus violentes ?

La littérature montre abondamment et sans ambiguïté que les noirs sont plus délinquants et violents que les blancs.

Toutes les études montrent que les noirs sont les plus violents.

Les mongoloïdes, eux, sont moins violents et délinquants que les blancs.

Personne n’est étonné.

Voilà ce qu’écrit Richard Lynn dans son dernier ouvrage :

« […] The Bell Curve soulève le problème selon lequel les disparités intellectuelles entre les races ne peuvent pas expliquer toutes les différences raciales quant à certaines pathologies sociales, tels le crime, le chômage, la pauvreté, les naissances hors mariage, la dépendance à l’État providence, etc. Herrnstein et Murray ont montré qu’à âge et intelligence égaux chez les blancs, les noirs et les hispaniques, ces pathologies sociales étaient réduites mais ne s’estompaient pas complètement. »

Il y propose un tableau qui résume le problème :

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En pourcentage.

Pourquoi ces différences ? Pourquoi, à QI égal, ne sont-elles pas résorbées ? Philippe Rushton a offert une explication intéressante : l’on peut hiérarchiser les races quant à l’histoire de vie.

L’histoire de vie

Je vous livre ce qu’une équipe d’universitaires francophones a écrit sur l’histoire de vie. C’est une grille de lecture qui changera votre vision du monde, soyez attentif.

Merci, De Boeck.

« La théorie des stratégies d’histoire de vie est une conceptualisation générale décrivant les compromis qui doivent être faits en raison de l’énergie limitée dont disposent les individus pour résoudre différents problèmes adaptatifs. De façon générale, l’énergie (en termes de ressources et de temps) allouée à résoudre un problème adaptatif empêche ou limite l’énergie qui peut être allouée à d’autres problèmes adaptatifs. La théorie prédit quatre grands compromis : (1) effort somatique (énergie dédiée à la survie) versus effort reproductif (énergie dédiée à produire la progéniture), (2) effort parental versus effort pour trouver des  partenaires sexuels, (3) qualité versus quantité de la progéniture, et (4) reproduction future versus présente.

Comme l’expliquent plusieurs auteurs, en général ces quatre dimensions de compromis sont reliées l’une à l’autre (i.e., elles corrèlent) et donc, chaque individu adopte une stratégie d’histoire de vie cohérente. La théorie prédit que les caractéristiques psychologiques qui facilitent une stratégie de vie cohérente tendent à être sélectionnées ensemble et tendent donc à être corrélées. En principe, tous les individus peuvent être situés le long d’un continuum des stratégies d’histoire de vie, d’une stratégie lente à une stratégie rapide. Les individus qui ont une maturation et reproduction sexuelle précoce, qui produisent une progéniture nombreuse et qui investissent peu dans les soins parentaux sont considérés comme suivant une stratégie d’histoire de vie rapide. Au contraire, les individus qui ont une maturation sexuelle tardive, qui se reproduisent plus tard, qui ont une progéniture moins nombreuse et qui investissent beaucoup dans les soins parentaux, sont considérés comme suivant une stratégie d’histoire de vie lente. Ce continuum est similaire à la théorie de r/K permettant d’expliquer les différences interspécifiques des stratégies reproductives. En effet, Wilson a proposé que plusieurs stratégies adaptatives peuvent être situées le long d’un continuum allant d’un faible investissement parental et une fécondité élevée (sélection r) jusqu’à un investissement parental élevé et une fécondité faible (sélection K). Rushton a expliqué qu’en moyenne, comparativement à d’autres espèces, les humains tendent à adopter une stratégie de sélection K. Toutefois, au même titre qu’il y a des différences inter-espèces dans le choix des stratégies d’histoire de vie, il y a des différences intra-espèces, particulièrement chez l’humain.

La théorie des stratégies d’histoire de vie procure un cadre conceptuel évolutionniste pour comprendre les différences individuelles dans la personnalité et différentes psychopathologies. Del Giudice a proposé l’idée selon laquelle la majorité des psychopathologies pouvaient se regrouper en deux grands spectres eu égard aux stratégies d’histoire de vie : la psychopathologie de spectre lent (e.g., dépression, troubles anxieux, trouble d’obsession-compulsion, troubles alimentaires, troubles du spectre de l’autisme) et la psychopathologie de spectre rapide (e.g., troubles extériorisés, trouble bipolaire, troubles schizophréniformes). Selon cette hypothèse, les différents troubles extériorisés devraient montrer de fortes corrélations phénotypiques et génétiques entre eux, ce qui indiquerait qu’il existe une dimension d’ordre supérieur héréditaire qui explique cette covariation. Des études génétiquement informatives soutiennent cette hypothèse.

La psychopathie est une condition de nature extériorisée et fait partie du spectre rapide du continuum des stratégies d’histoire de vie. La prévalence de la psychopathie (et de l’ensemble des troubles extériorisés) étant largement plus élevée chez les hommes que les femmes, autant dans les échantillons cliniques que populationnels. Il n’est donc pas étonnant que différents auteurs aient proposé que le comportement antisocial persistant et la psychopathie soient reliés à une stratégie d’histoire de vie rapide.
Dans les études utilisant des mesures des stratégies d’histoire de vie, la psychopathie corrèle fortement avec l’impulsivité, la prise de risque élevée, un manque de planification, l’agressivité physique, l’agressivité instrumentale, le grand nombre de partenaires sexuels, la courte durée des relations conjugales et la consommation de drogues et d’alcool et même la coercition sexuelle. Même si la psychopathie est traditionnellement considérée comme une pathologie développementale (avec des déficits structurels ou fonctionnels du cerveau), la perspective évolutionniste considère plutôt que cette condition peut apporter des avantages adaptatifs en termes de survie et de reproduction, surtout lorsqu’il y a présence de promiscuité sexuelle et davantage de relations à court terme. Bien que les traits psychopathiques soient considérés indésirables pour la société en général, ils semblent adaptatifs du point de vue évolutionniste.

Des méta-analyses ont confirmé que la psychopathie est reliée aux traits normaux de personnalité chez les deux sexes et ce, autant durant l’enfance, l’adolescence que l’âge adulte. Comme mentionné précédemment, la psychopathie est fortement reliée à des faibles niveaux d’amabilité et de contrôle, mais semble aussi reliée à des aspects spécifiques de l’extraversion (activité, dominance sociale, recherche de sensation) et de la stabilité émotive (faible anxiété, faible vulnérabilité affective). Plusieurs auteurs ont proposé que les différences individuelles dans les traits de personnalité peuvent être conceptualisées comme des stratégies alternatives pour résoudre des problèmes adaptatifs récurrents et devraient donc être reliées aux stratégies d’histoire de vie. Un trait de personnalité représente le patron caractéristique d’adaptation dans la manière habituelle de penser (cognitions), de sentir ou de ressentir (émotions) et de se comporter ou de réagir (comportements) qui tend à demeurer relativement stable à travers les situations sociales et dans le temps. Il n’est donc pas étonnant que les traits de personnalité affichent des liens conceptuellement cohérents avec les stratégies d’histoire de vie.

À partir du modèle en cinq grands traits, Del Giudice suggère qu’un niveau élevé d’amabilité et de contrôle est lié à une stratégie lente, tandis qu’un niveau faible sur ces traits est associé à une stratégie rapide. Dans une moindre mesure, un niveau élevé de stabilité émotive est aussi associé à une stratégie lente. Alors que l’extraversion et l’ouverture ne semblent pas distinctement reliées aux stratégies d’histoire de vie, des aspects plus spécifiques (traits primaires) de ces traits le sont. En outre, un niveau élevé d’activité, de recherche de sensation et de dominance — des traits primaires de l’extraversion — pourrait être relié à une stratégie rapide. Pour ce qui est de l’ouverture, il est possible d’affirmer qu’un niveau élevé d’imagination et d’ouverture à la nouveauté — des traits primaires de l’ouverture — soit relié à une stratégie plus rapide puisqu’ils sont souvent associés à la désinhibition sexuelle, à des objectifs à plus court terme ainsi qu’à des relations conjugales de moins longue durée.

Il est intéressant de noter que Buss a proposé que les changements développementaux qui sont observés dans les traits de personnalité au cours de la vie — c’est-à-dire augmentation de l’amabilité, du contrôle et de la stabilité émotive — pourraient être, au moins en partie, expliqués par les changements dans les stratégies d’histoire de vie adoptées par les individus (i.e., changer graduellement vers une stratégie plus lente). Ceci est important puisque les changements dans les traits de personnalité de l’adolescence à l’âge adulte semblent liés à l’abandon des comportements antisociaux.

Dans sa théorie regroupant les psychopathologies en fonction des stratégies d’histoire de vie, Del Giudice fait la prédiction qu’une stratégie rapide est caractérisée par un profil prototypique dans les (1) motivations (antagonisme social, attachement faible ou instable, sexualité précoce, promiscuité sexuelle, appétit sexuel élevé, prise de risque), (2) l’autorégulation (désinhibition, impulsivité, manque de considération des gains futurs), (3) les traits de personnalité (faible amabilité et contrôle), (4) la maturation sexuelle (précoce et rapide) et (5) l’environnement (dur, imprévisible, exposition fréquente à des stresseurs multiples). Les données disponibles semblent appuyer cette prédiction pour la psychopathie. »

Fin de la citation.

Il y a un non-dit qui plane sur cet extrait. Si Rushton est cité pour dire qu’il y a de grandes variations dans l’histoire de vie au sein de l’espèce humaine, les auteurs ne disent pas précisément quel type de variation Philippe Rushton a mis au jour. En l’occurrence, il s’agit de variations entre les races. En fait, les caractéristiques typiquement r décrites supra se retrouvent de manière très marquée chez les congoïdes.

Le grand oeuvre de Philippe Rushton.

Philippe Rushton a analysé plusieurs dizaines de variables, morphologiques, physiologiques et psychologiques dans son magnum opus. Prenons un exemple, la maturation. On le voit ci-dessous, elle est plus précoce chez les congoïdes et plus lente chez les mongoloïdes. Or, une maturation rapide indique une histoire de vie rapide, c’est-à-dire r.

L’effort reproductif étant au cœur de la stratégie rapide, il faut s’attendre à ce que les congoïdes aient des caractéristiques sexuelles primaires et secondaires plus prononcées : c’est le cas ; des rapports sexuels prémaritaux, maritaux, extramaritaux plus fréquents : c’est le cas ; des hormones sexuels (testostérone, gonadotrophine, hormone folliculo-stimulante) plus présents : c’est le cas. Etc. Lire ou relire Rushton.

Les noirs ont donc une histoire de vie rapide. Les caractéristiques psychologiques décrites supra dans le De Boeck sont par conséquent particulièrement prévalentes chez eux. Bref, ils sont tendanciellement plus psychopathes que les blancs.

Nota bene : les Arabes ne sont pas épargnés.

Richard Lynn a voulu creuser la question. Particulièrement intéressé par les différences raciales dans la psychopathie, il a publié un premier article sur la question en 2002 et un ouvrage, donc, en 2019. Sans surprise, il arrive aux mêmes conclusions que Rushton : quelles que soient les régions du monde étudiées, l’on peut hiérarchiser les races et les populations quant à la psychopathie.

Quelques tableaux :

Différences raciales dans les maltraitances faites aux enfants, Lynn (2019)
Lynn (2019)
Lynn (2019)
Lynn (2019)

L’évolution des stratégies d’histoire de vie

Ces différentes stratégies sont profondément ancrées dans nos gènes. Quel environnement a sélectionné une histoire de vie lente chez les caucasoïdes et les mongoloïdes du nord ? Lynn propose une explication dans son dernier ouvrage. Les hivers et les printemps froids ont sélectionné des couples plus unis, des individus plus capables de résister aux gratifications immédiates et de maintenir des relations sociales harmonieuses.

1. Cette sélection des couples forts tient notamment au fait que des ressources alimentaires sont facilement accessibles toute l’année près de l’Equateur, ce qui n’est pas le cas dans les latitudes plus élevées. Dès lors, une coopération parentale de long terme pour s’occuper de la progéniture est essentielle.

2. Ce problème de ressources implique de pouvoir supporter une gratification différée. Une large part des ressources alimentaires en Eurasie n’est disponible qu’une partie de l’année.

3. La chasse de grosses proies implique la coopération de plusieurs hommes, et c’est une source de nourriture de premier ordre quand les hivers froids raréfient les autres ressources. Cette chasse, pour être réussie, demande une diminution de l’agressivité envers les autres hommes et moins de promiscuité sexuelle, laquelle est conflictuelle.

Michael Woodley et Gehard Meisenberg, dans une analyse plus complète, rajoutent notamment l’agriculture. La révolution néolithique a sans doute, en effet, ralentit l’histoire de vie en sélectionnant des tempéraments prévoyants et soucieux du long terme. Et l’urbanisation qui a suivi a sélectionné des tempéraments compatibles avec une forte densité humaine.

Il faut aussi évoquer la prévalence des pathogènes, qui est plus haute aux basses latitudes. C’est une variable importante pour prédire l’histoire de vie d’une population : plus il y a de parasites, et plus la mortalité et la morbidité sont dites incontrôlables, ce qui favorise une histoire de vie rapide – si la survie de l’enfant n’est pas assurée, autant ne pas investir beaucoup de ressources dans celui-ci.

D’un point de vue neuro-physiologique, le ralentissement de l’histoire de vie signifie une baisse de la testostérone. On peut lire cet article publié en 2014 dans Current Anthropology :

Autrement dit, l’homme n’a cessé de se domestiquer, ce qui est plus ou moins synonyme de féminisation, par le biais d’une coévolution des gènes et de la culture qui a réduit son taux de testostérone – et réduit la fréquence de certains gènes associés à l’agressivité, tel MAOA.

Les différences raciales dans la testostérone, là encore, sont bien documentées. Lee Ellis a écrit un formidable article qui les synthétise, et montre à quel point elles sont explicatives de la criminalité des différentes races. Toutes les races ne sont donc pas domestiquées ou féminisées avec la même ampleur.

En guise de conclusion

J’aimerais préciser quelques points :

  • L’histoire de vie n’est qu’en partie génétique. L’environnement a aussi son rôle à jouer. Par exemple, les noirs américains sont souvent pris dans une spirale négative où l’environnement délétère (par ex. violent) dans lequel ils grandissent déclenche, épigénétiquement, une histoire de vie très rapide.
  • Plus positivement, la révolution industrielle prend ses racines et dans une augmentation de l’intelligence et dans un ralentissement de l’histoire de vie, les deux étant à la fois génétiques et épigénétiques.
  • Parler de « personnalité psychopathique » relève du champ lexical de la pathologie. Dans la mesure où l’histoire de vie rapide est une adaptation à une niche écologique, il convient peut-être d’abandonner ce premier terme.
  • L’histoire de vie et l’intelligence sont très positivement corrélées au niveau des populations, parce qu’issues des mêmes pressions évolutionnaires, mais ne le sont quasiment pas au niveau individuel. Aussi trouve-t-on des blancs extrêmement intelligents et à l’histoire de vie très rapide. Et inversement.
  • Certains auteurs parlent d’un changement de paradigme en criminologie. Celle-ci iraient de plus en plus vers une approche « biosociale ».
  • Il y a des noms à connaître si l’on s’intéresse à la criminologie qui n’ignore pas la biologie : Lee Ellis, Brian Boutwell, Kevin Beaver, Anthony Walsh ou encore John P. Wright.
  • Contrairement au mythe, les non blancs sont surreprésentés dans les crimes de « col blanc ».
  • À niveaux sociaux et économiques égaux, l’on retrouve quand même des différences raciales dans la criminalité.

Carte mondiale des QI : l’article de Libération a-t-il une valeur quelconque ?

Libération a publié un article hallucinant de médiocrité, censé éclairer la lecture de la carte mondiale des QI. Il est écrit par Pauline Moullot, qui certes ne comprend rien à ce qu’elle écrit, mais a eu au moins le mérite de demander leur avis à des experts, lesquels ont sans ambages validé la pertinence de la carte.

Quelques extraits :

« Davantage » ? Il est très précisément indiqué dans The Bell Curve que la part de la génétique dans les différences raciales n’est pas, selon les auteurs, clairement établie. Murray et Herrnstein posent l’hypothèse selon laquelle l’environnement joue à hauteur de 50%. The Bell Curve n’en a pas fini d’être le bouc émissaire des petits antiracistes.

Angela Saini a le mérite d’avoir écrit un ouvrage qui rassemble tous les sophismes antiracistes. On lit ici que les scientifiques qui considèrent que l’évolution a façonné l’intelligence des populations du monde sont très marginaux. Ah bon ?

Survey of expert opinion on intelligence: Intelligence research, experts’ background, controversial issues, and the media (2020)

Au contraire, une très large part des chercheurs en intelligence tendent à reconnaître une part génétique dans les différences intellectuelles entre les races et les populations. Certes, on le voit sur le graphique, il persiste un noyau dur d’experts persuadés que l’évolution s’arrête sous le menton, mais cela rend-il l’affirmation de Saini plus juste ? Non. Suivant.

Avec Hunt, Wittmann a beaucoup critiqué Lynn. Mais force leur a été de constater, comme le relève Libé, que le travail de Lynn et Vanhanen est globalement pertinent. Merci, Pauline, d’éclater la rhétorique de 90% des antiracistes de Twitter.

Ramus dit la même chose : la carte est juste dans les grandes lignes. Mais il divague sur la question de la causalité. Si vous voulez voir à quel point il se moque du monde quand le sujet devient trop sensible, je vous recommande cet article.

Les gènes ou l’environnement ?

Libération se penche sur l’avis de Kevin Mitchell, qui affirme qu’il est très improbable que les différences entre les populations soient génétiques.

Le point de vue de Kevin Mitchell importe-i-il ? Non.

Comme vu précédemment, le point de vue de Mitchell ne correspond pas à celui des autres chercheurs. Il fait partie de la frange radicale qui tient la position absurde 100% environnement-0% génétique.

Son argument est le même que celui de Franck Ramus : l’effet Flynn. Autrement dit, parce que l’amélioration de l’environnement permet d’augmenter les résultats sur les tests de QI, il faudrait s’attendre à ce que toutes les différences soient dues à l’environnement, et ce malgré l’avalanche de données qui montrent que ce n’est pas le cas. C’est évidemment absurde.

J’ai déjà donné les arguments principaux dans un article précédent.

Evidence for Recent Polygenic Selection on Educational Attainment and Intelligence Inferred from Gwas Hits, Piffer (2019)

Premièrement, l’on connait des milliers de marqueurs génétiques associés à l’intelligence, et leur répartition est profondément inégale entre les populations du monde. EDU3, sur le graphique, est le score polygénique, c’est-à-dire l’ensemble des marqueurs génétiques utilisés pour l’étude, et il est très, très positivement corrélé aux quotients intellectuels des populations du monde. Cela fera de la lecture pour Pauline.

Ce que la génétique nous montre depuis peu ne fait que confirmer ce que les psychométriciens ont affirmé depuis des décennies. Bis repetita placent : on sait précisément quelles sont les parties des tests de QI qui sont influencées par l’environnement, et celles qui ne le sont pas. On sait précisément sur quelles parties des tests de QI l’effet Flynn peut agir, et l’on sait que l’effet Flynn n’agit pas sur les parties où se trouvent les différences raciales.

Bref, cet article de CheckNews est évidemment un morceau de propagande profondément malhonnête. Soyons clairs : ce n’est pas un problème de prise de position, d’orientation : c’est un problème de malhonnêteté. Ou d’incompétence crasse, qui sait.

Ou les deux.

Question raciale : le débat Suzuki-Rushton

Le 8 février 1989, la télévision canadienne filme un débat à l’Université de Toronto qui oppose deux biologistes. Des dizaines de journalistes sont présents. Ce débat doit être le débat, la réponse définitive à la question raciale. David Suzuki, scientifique médiatique de gauche, fait face à Philippe Rushton, connu pour incarner le « racisme scientifique ».

Il est intéressant de se pencher sur ce débat pour au moins deux raisons. La première, évidemment, à cause du contenu de l’intervention de Rushton, qui synthétise son travail essentiel sur la question raciale. Mais surtout pour l’intervention de Suzuki parce qu’elle exemplifie parfaitement la rhétorique antiraciste. Jamais Suzuki ne répond à Rushton sur le fond : il ne connait pas son travail, il ne l’a pas lu ou, si c’est le cas, refuse de considérer ses arguments. Le discours de Suzuki se résume à deux choses : Luigi Cavalli-Sforza aurait définitivement démontré l’inexistence des races humaines ; le travail de Rushton est obscène, dangereux, nécessairement pseudoscientifique.

Citer Luigi Cavalli-Sforza pose un double problème. 1. C’est un personnage ambigu. Sa négation des races humaines n’arrive qu’en fin de carrière, après des dizaines d’années consacrées à leur étude, sans qu’aucune découverte spécifique ne vienne bouleverser son appréciation de la diversité génétique humaine. Il s’est soumis à l’air du temps. 2. Dire qu’on ne peut pas parler de races pour Homo sapiens à cause d’une trop grande continuité qui existerait entre lesdites races, en plus d’être faux, relève de la science taxonomique : si les races ne sont en fait que des populations, cela ne change rien à la possibilité d’avoir des différences intellectuelles et comportementales substantielles entre ces populations. Et le travail de Rushton consiste précisément à montrer ces différences.

Passé cet argument d’autorité maladroit, Suzuki se contente de lancer anathème sur anathème. Les travaux de Rushton sont considérés a priori comme pseudoscientifiques, alors qu’ils sont publiés dans des revues à comité de lecture. Il appelle à sa censure et à la condamnation de ceux qui osent lui donner la parole, et cela sous un tonnerre d’applaudissement.

Cette charmante mongoloïde n’est pas convaincue par Suzuki.

Lors de la séance de questions, une étudiante soulève ingénument le problème. Elle reproche à Suzuki ne pas avoir attaqué Rushton sur le fond, de se contenter de grandes déclarations sur l’impossibilité des différences raciales et de consacrer le reste de son temps de parole à diaboliser Rushton. Elle dit être déçue de ne pas avoir assisté à un vrai débat contradictoire car, en tant qu’étudiante, elle estime pouvoir et devoir juger d’elle-même de la question raciale.

Elle est solidement applaudie. Rushton aussi a été applaudi avec une certaine force. Mais toujours moins que Suzuki.

Tous les gens présents ne sont pas aussi scientifiques que la jeune mongoloïde. Ce qui intéresse une bonne partie du public, ce n’est pas l’exactitude scientifique, ce sont les idées de Philippe Rushton, ses arrières-pensées. Compréhensible, notamment parce qu’une bonne partie des remarques proviennent d’Hispaniques et de Noirs.

Behave (2017), Robert Sapolsky

Les minorités ethniques attaquent les hérauts de la question raciale au nom de leurs intérêts perçus, peut-être réels. Ce n’est pas un hasard si une large part des universitaires qui ont attaqué les tenants de la sociobiologie étaient juifs, comme le signale Sapolsky dans son dernier ouvrage. Rushton n’a pas échappé à leurs attaques. Par exemple, Leonard Lieberman, anthropologue influent et disciple d’Ashley Montagu (né Israël Ehrenberg), lui a consacré des articles, publiés dans des revues universitaires, où pleuvent les accusations de nazisme à la place des arguments de fond.

Bref, ce débat illustre parfaitement l’état du pluralisme critique en Occident quant aux sujets qui fâchent : il n’existe pas et a été remplacé par des anathèmes de toute sorte. Et quand la moindre critique de fond semble pointer le bout du nez, il s’agit à chaque fois d’une collection d’épouvantails.

Merci, Philippe !

Baisse du QI : Franck Ramus nous prend-il pour des crétins ?

Franck Ramus est chercheur au CNRS et spécialiste du QI. Régulièrement, il s’exprime dans les media sur des questions scientifiques et tient un blogue intéressant. Mais il ne s’est visiblement pas foulé dans ses réflexions sur la baisse du QI.

Il accuse le documentaire d’Arte, Demain, tous crétins ?, de sombrer dans le sensationnalisme au mépris de la rigueur scientifique. Il n’a pas tort d’attaquer ce reportage, qui a le défaut de ne considérer que les causes environnementales, mais sa réponse est tout aussi malhonnête.

Franck Ramus estime que ni la dégradation de l’environnement (malbouffe, perturbateurs endocriniens) ni le dysgénisme (raréfaction des marqueurs génétiques de l’intelligence) ne sont des causes probables de la baisse du QI. Son « examen rigoureux de l’ensemble des données internationales portant sur l’évolution des scores de QI » lui fait dire que les baisses observées ici et là ne seraient que des erreurs statistiques, c’est tout. Simplement, il y aurait une stagnation, parfaitement normale puisque l’Occident aurait atteint les « limites intrinsèques à l’espèce humaine ».  Il n’y a rien à voir, circulez !

En fait, Franck Ramus n’a absolument pas passé en revue la littérature scientifique sur la question. Premièrement, il pointe du doigt une méta-analyse qui montre que l’effet Flynn est toujours très fort si l’on prend une perspective mondiale – autrement dit, les nouvelles générations font mieux que les précédentes sur les tests de QI.

Ensuite, il affirme que l’étude qui signale une baisse du QI en France se fonde sur des cohortes trop réduites et a une méthode qui laisse trop de place à l’erreur. Quant à la baisse dans les pays nordiques, si les cohortes sont solides, il écrit que rien ne prouve que ce ne soit pas des facteurs non génétique (tests vieillis, changement des programmes scolaires) qui aient produit la baisse. Certes, ce sont des critiques recevables.

Mais Franck Ramus ergote à côté de la plaque. Il ne discute pas une seule seconde de l’hypothèse la plus importante, le dysgénisme, à savoir : l’immigration et la corrélation négative entre l’intelligence et la fertilité font diminuer la fréquence des marqueurs génétiques de l’intelligence. Cette hypothèse est documentée psychométriquement et génétiquement. Pas un mot.

C’est un problème de fertilité !

Depuis 2013, Michael Woodley of Menie, jeune chercheur écossais, travaille sur la dégradation du fonds génétique occidental. Nommé « étoile montante » par l’Association for Psychological Science pour son travail sur l’effet Flynn, il est désormais membre du comité éditorial de la revue Intelligence et est le chef de file des chercheurs qui travaillent sur la baisse du QI.

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Michael Woodley et sa monographie sur la biohistoire de l’Occident. Qu’en pense Franck Ramus ?

Michael Woodley s’inscrit dans la continuité des grands biologistes qui ont prédit la diminution de l’intelligence. Galton, Darwin, Wallace, Pearson, Fisher, Cattell ont tous constaté plus ou moins rigoureusement la même chose : les individus les plus intelligents tendent à faire moins d’enfants. Aujourd’hui, cette corrélation est bien établie. Elle existe depuis la révolution industrielle et touche d’abord les femmes.

La situation préindustrielle était la suivante : toutes les couches sociales faisaient beaucoup d’enfants parce que la mortalité infantile était importante et parce que sans État providence, les aînés étaient pris en charge par la famille. Mais, qualité de vie médiocre oblige, les classes populaires furent plus touchées par la mortalité des enfants en bas âge et n’ont pas eu les ressources nécessaires pour faire autant d’enfants que les classes aisées. Or, les classes aisées ont un meilleur capital cognitif. Voyez ce syllogisme :

  1. l’intelligence est largement héritable et est positivement associée au statut social et économique ;
  2. la mobilité sociale, comme l’a notamment montré Gregory Clark, n’est pas un phénomène moderne ;
  3. Les classes supérieures des sociétés préindustrielles en Occident avaient donc un avantage cognitif dû, en partie, à leurs gènes.

Gregory Clark a pu conclure que la fertilité d’alors était eugénique : la fréquence allélique des traits comportementaux comme l’intelligence et l’industriosité a augmenté et infusé toute la société par mobilité sociale descendante.

Tout pousse donc à penser qu’il y a eu une évolution bioculturelle qui a permis la révolution industrielle.

Et celle-ci a inversé la tendance. Elle amène avec elle des progrès considérables quant à l’hygiène et l’agriculture. Dans l’Angleterre de 1900, la mortalité infantile passe de 45 à 10%. Dans le même temps, l’on constate que :

  • plus les gens sont éduqués, moins ils font d’enfants. Le niveau d’éducation est positivement corrélé à l’intelligence ;
  • la contraception est mieux maîtrisée par les femmes les plus éduquées ;
  • l’intelligence est négativement corrélée au désir d’avoir des enfants ;
  • les femmes célibataires sont incitées par l’État providence à faire des enfants – les femmes célibataires avec des enfants sont tendanciellement les moins intelligentes ;
  • le féminisme a poussé les femmes intelligentes à aller à l’université et à avoir des carrières prenantes ;
  • les immigrés qui ont une intelligence inférieure à celle des natifs du pays qui les accueille ont un taux de fertilité supérieur à celui desdits natifs.

L’intelligence étant largement génétique, elle n’a donc pu que baisser. L’on rétorque cependant que le QI a augmenté tout au long du XXème siècle ! Il y a eu l’effet Flynn !

L’effet Flynn a camouflé la baisse de l’intelligence

C’est là tout la subtilité du problème. Il s’agit du paradoxe de Cattell. Raymond Cattell est l’un des plus grands psychométriciens du XXème siècle. Il avait bien repéré la corrélation négative qui existait entre fertilité et intelligence, ce qui l’a poussé à publier en 1937 The fight for our national intelligence. Le paradoxe est que ses recherches lui ont permis de constater qu’au lieu de baisser, le QI montait.

Cette hausse du QI a fait l’objet d’une étude systématique dans les années 1980 par James Flynn. Celui-ci a montré que les nouvelles générations ont systématiquement eu de meilleurs résultats sur les tests de QI que les précédentes. Il précise néanmoins une chose, trop souvent occultée quand l’effet Flynn est invoqué : les gains n’ont pas concerné avec la même ampleur toutes les parties des tests de QI. Précisément, les gains sont observables sur les parties des tests les moins héritables, c’est-à-dire ceux qui ne concernent pas ou peu l’intelligence générale.

James Flynn a en effet montré que l’effet Flynn n’était pas une réelle augmentation de l’intelligence. Il est principalement le produit d’une démocratisation de la pensée abstraite. Le psychologue soviétique Alexandre Luria a bien documenté cette pensée pré-effet Flynn chez les paysans du XIXème siècle. Quel est le rapport entre un chien et un lapin ? Ceux-ci répondaient que le chien chassait le lapin, pas que les deux étaient des mammifères. Or, c’est la deuxième réponse qui rapporte le plus de point sur un test de QI, précisément sur le sous-test des similitudes, lequel est l’un des plus touchés par l’effet Flynn. Si je vous dis qu’il n’y a pas de chameaux en Allemagne et qu’Hambourg est une ville allemande, y a-t-il des chameaux à Hambourg ? Ceux-ci ne répondaient pas par la négative, mais disaient n’en savoir rien – « il faudrait que quelqu’un qui soit allé à Hambourg me le dise ; si Hambourg est un petit village, sans doute n’y a-t-il pas de chameaux ».

La capacité à raisonner logiquement avec des objets abstraits est particulièrement bien mesurée par les matrices de Raven, un autre test qui a connu de larges gains avec l’effet Flynn.

Michael Woodley a alors pu émettre l’hypothèse suivante : tandis que l’effet Flynn faisait monter le QI, l’intelligence générale, elle, continuait de baisser. L’effet Flynn aurait camouflé cette baisse séculaire. Depuis 2013, le chercheur s’attache avec brio à prouver l’existence de cette baisse.

Le faisceau d’indices est le suivant :

  • Augmentation du temps de réaction visuel et auditif.
  • Moins bonne discrimination des couleurs.
  • Diminution de l’utilisation du vocabulaire complexe.
  • Baisse de la mémoire de travail.
  • Dégradation de la perception spatiale.
  • Développement piagétien moins poussé.
  • Diminution du nombre de génies et de macro-innovations.
  • Diminution de la créativité.
  • Réduction de la fréquence allélique de l’intelligence générale.

Toutes ces mesures sont des proxies de l’intelligence générale et leur baisse est solidement corrélée dans le temps. Notons bien la dernière ligne car elle est fondamentale, c’est une confirmation par la génétique de l’observation des psychométriciens.

Un génome en miettes

Une autre tendance lourde induite par la révolution industrielle est l’augmentation du nombre de mutations délétères au sein du génome. Chaque nouveau-né porte en lui entre 40 et 100 mutations de novo, i.e. qui n’existaient pas chez ses parents. Elles peuvent être neutres, positives ou négatives. Les sociétés préindustrielles écrèment les individus qui portent trop de mutations délétères, parce que leur génome abîmé, au système immunitaire atrophié, ne permet pas de survivre sans l’absence de la médecine et de l’hygiènes modernes.

84% des gènes concernent le développement ou la maintenance du cerveau. L’accumulation de mutations délétères n’est donc pas qu’un problème pour le système immunitaire, mais aussi pour l’intelligence.

En prenant uniquement en compte les mutations délétères, les estimations les plus hautes pointent une baisse de 0.84 de points de QI par décennie.

10 à 15 points de QI perdus pour les Occidentaux

Si l’on additionne la perte causée par la corrélation négative fertilité-intelligence et celle causée par l’accumulation de mutations délétères, il s’avère que les Occidentaux ont perdu l’équivalent de 10 à 15 points de QI depuis la révolution industrielle. Le professeur d’université du XXIème siècle a l’intelligence de l’instituteur de 1900.

Si l’on fait entrer l’immigration dans l’équation, c’est plus d’1.5 point par décennie qui est perdu. L’Occident a fait le choix d’une immigration de quantité qui accélère le déclin cognitif. Comme l’a montré un article précédent, les différences entre les races et les populations portent largement sur g, c’est-à-dire qu’elle sont génétiques.

Franck Ramus fait comme si de rien n’était. Pourtant, c’est l’avenir de la civilisation qui est en jeu.

S’il n’y a qu’un livre à lire sur la question, c’est bien celui-ci.

« Avec la révolution industrielle, cette sélection de g s’est inversée et nous avons démontré que g a décliné et que le progrès scientifique a ralenti et continue de ralentir. Ainsi devrions-nous être capables de circonscrire historiquement l’émergence et le déclin de l’Occident, comme nous l’avons fait avec Rome et, certes avec moins d’assurance, les civilisations islamique et chinoise. » — At Our Wits’ End

Les différences nationales en intelligence sont-elles dues à l’environnement ?

La fameuse carte des QI nationaux diffusée par Laurent Alexandre a remis le débat sur la table. Elle montre des résultats très inégaux sur les tests psychométriques à travers le monde : autour de 100 en Occident et en Asie du Nord-Est et autour de 70 en Afrique Sub-Saharienne.

Vivement critiquée dans les années 2000, la validité empirique de la carte ne fait plus débat. Le schéma général des disparités intellectuelles des différentes régions du monde est accepté par les plus éminents psychologues[1]. Des chercheurs affiliés à La Banque Mondiale ont intégré ces résultats dans une carte mondiale du capital humain[2] ; The Lancet, grande revue de médecine, a également publié une telle carte[3] ; les presses de Cambridge ont édité en 2018 un ouvrage entier sur la question, écrit par le psychologue allemand Heiner Rindermann, Cognitive Capitalism[4].

La carte de Richard Lynn est régulièrement mise à jour par son collègue David Becker[5] et The Intelligence of Nations est paru en 2019 pour présenter au grand public les nouvelles données et les méthodes de calcul des QI nationaux. Celles-ci intègrent les résultats donnés par le PISA, lesquels sont étroitement corrélés aux résultats des tests de QI.

La question qui semble animer la communauté scientifique n’est donc pas celle de savoir s’il existe des disparités intellectuelles entre les nations mais celle de leurs causes. Les héréditaristes et les environnementalistes s’affronteraient à ce propos. En réalité, la part génétique des différences entre les races fait l’objet d’une littérature bien établie[6], et ce malgré l’autocensure des chercheurs et les pressions institutionnelles[7]. Une chape de plomb morale s’est étendue sur l’université rapidement après la seconde guerre mondiale. Elle rend la recherche difficile mais pas impossible.

Pour saisir l’argument principal des héréditaristes, il faut préciser qu’un test de QI se compose de différents sous-tests, lesquels mesurent plus ou moins l’intelligence dite générale (g). g est la corrélation positive des différentes tâches (verbales, spatiales, mathématiques, etc.) qui sont au cœur des tests psychométriques[8]. g n’est pas qu’une construction statistique, c’est une réalité biologique largement héritable. Précisément, c’est la partie la plus héritable des tests psychométriques.

Les psychométriciens ont pu montrer, en toute logique, que les gains de l’effet Flynn[9] ou ceux observés chez les enfants adoptés[10] étaient les moins prononcés sur les sous-parties des tests qui mesurent le plus g. Ils ont également découvert que les différences raciales sont saillantes sur les sous-parties des tests qui mesurent le plus g[11]. Concrètement, cela signifie que ces différences ont une forte dimension génétique.

Les généticiens l’ont récemment confirmé. Grâce aux études d’association pangénomiques, l’on connaît des centaines de marqueurs génétiques associés à l’intelligence, et des données génétiques représentatives des populations du monde sont accessibles aux chercheurs. Aussi Davide Piffer a-t-il a pu constater que plus le quotient intellectuel national est élevé, plus la fréquence des marqueurs génétiques de l’intelligence est haute[12].

Pouvait-il en être autrement ? L’étude du fonds génétique de nos ancêtres du paléolithique et du néolithique jusqu’à la révolution industrielle montre une sélection naturelle toujours plus rapide, substantielle et locale[13]. L’agriculture, notamment, a accéléré l’évolution de l’humanité[14]. Il est admis que chaque culture est une niche évolutive qui sélectionne intensément des traits précis[15]. L’intelligence ne fait pas exception : Augustine Kong a montré, par exemple, que la fréquence des marqueurs génétiques associés à l’intelligence s’était réduite tout au long du XXème siècle en Islande[16]. Nos cerveaux se transforment constamment, l’on ne peut donc pas s’attendre à rencontrer deux populations intellectuellement similaires.

Heiner Rindermann montre les corrélations qui existent entre le QI national et diverses variables économiques et sociales[17] : par exemple, le revenu par tête (.82) ou bien le « bien-être national » qui prend en compte la richesse, la santé, la satisfaction dans la vie, le niveau de confiance, la démocratie, l’état de droit, l’égalité des sexes, la criminalité, la corruption et le taux de divorce (.71). C’est toute la civilisation qui dépend du capital cognitif.

Le capital cognitif des nations occidentales est doublement menacé. La menace la plus évidente est celle de l’immigration. La deuxième est celle de la corrélation négative qui existe entre l’intelligence et la fertilité[18]. Celle-ci aurait fait perdre à l’Occident depuis la révolution industrielle, qui est à l’origine de cette fertilité dysgénique, 10 à 15 points de QI[19]. Michael Woodley of Menie et son équipe estiment que, toutes causes confondues, nous perdons plus d’un point de QI par décennie[20]. Cette tendance lourde devrait être au sommet des préoccupations politiques, parce qu’elle détermine toutes les autres.

[1] Hunt, E. & Wittmann, W. (2008). National intelligence and national prosperity. Intelligence, 36, 1-9.

[2] http://www.lse.ac.uk/fmg/assets/documents/papers/discussion-papers/DP783.pdf,

[3] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31941-X

[4] https://www.cambridge.org/core/books/cognitive-capitalism/7C10B724756D97F00B7AF0515B800CC5

[5] https://viewoniq.org

[6] Philippe Rushton, Arthur Jensen, « Race and IQ: A Theory-Based Review of the Research in Richard Nisbett’s Intelligence and How to Get It », The Open Psychology Journal, 2010

[7] https://pumpkinperson.com/2018/12/22/elites-secretly-believe-in-hbd/ ; Helmyth Nyborg, «The Sociology of Psychometric and Bio-Behavioral Sciences: A Case Study of Destructive Social Reductionism and Collective Fraud in 20th Century Academia », in The Scientific Study of General Intelligence, 2003

[8] Pour une synthèse, voir les chapitres consacrés à g dans The Nature of Human Intelligence édité par Robert J. Sternberg (2018) ; pour une approche complète, voir The g Factor d’Arthur Jensen (1998).

[9] L’effet Flynn est l’augmentation du QI mesurée dans les pays développés ou en voie de développement. Ses causes sont environnementales (nutrition, éducation, etc.).
Jan te Nijenhuis, « Is the Flynn effect on g?: A meta-analysis », Intelligence, 2013

[10] Jan te Nijenhuis , « Are adoption gains on the g factor? A meta-analysis », Personality and Individual Differences, 2015

[11] Jan te Nijenhuis, « The Flynn effect, group differences, and g loadings », Personality and individual differences, 2013 ; Jan te Nijenhuis, « Spearman’s Hypothesis Tested on Black Adults: A Meta-Analysis », Journal of Intelligence, 2016

[12] David Piffer, « Evidence for Recent Polygenic Selection on Educational Attainment and Intelligence Inferred from Gwas Hits: A Replication of Previous Findings Using Recent Data », Psych, 2019

[13] Hawks, John, Eric T. Wang, Gregory M. Cochran, Henry C. Harpending and Robert K. Moyzis, « Recent acceleration of human adaptive evolution », Proceedings of the National Academy of Sciences, 2007

[14] Gregory Cochran, Henry Harpending, The 10,000 Year Explosion: How Civilization Accelerated Human Evolution, Basic Books, 2009

[15] Kevin N. Laland, « How culture shaped the human genome: bringing genetics and the human sciences together », Nature, 2010

[16] https://www.pnas.org/content/114/5/E727

[17] https://www.cambridge.org/core/books/cognitive-capitalism/7C10B724756D97F00B7AF0515B800CC5

[18] http://books.imprint.co.uk/book/?gcoi=71157100317440

[19] L’effet Flynn ne portant pas sur g, il a camouflé cette baisse séculaire.

[20] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0191886914006278 ; https://psycnet.apa.org/record/2017-42699-001