Question raciale : le débat Suzuki-Rushton

Le 8 février 1989, la télévision canadienne filme un débat à l’Université de Toronto qui oppose deux biologistes. Des dizaines de journalistes sont présents. Ce débat doit être le débat, la réponse définitive à la question raciale. David Suzuki, scientifique médiatique de gauche, fait face à Philippe Rushton, connu pour incarner le « racisme scientifique ».

Il est intéressant de se pencher sur ce débat pour au moins deux raisons. La première, évidemment, à cause du contenu de l’intervention de Rushton, qui synthétise son travail essentiel sur la question raciale. Mais surtout pour l’intervention de Suzuki parce qu’elle exemplifie parfaitement la rhétorique antiraciste. Jamais Suzuki ne répond à Rushton sur le fond : il ne connait pas son travail, il ne l’a pas lu ou, si c’est le cas, refuse de considérer ses arguments. Le discours de Suzuki se résume à deux choses : Luigi Cavalli-Sforza aurait définitivement démontré l’inexistence des races humaines ; le travail de Rushton est obscène, dangereux, nécessairement pseudoscientifique.

Citer Luigi Cavalli-Sforza pose un double problème. 1. C’est un personnage ambigu. Sa négation des races humaines n’arrive qu’en fin de carrière, après des dizaines d’années consacrées à leur étude, sans qu’aucune découverte spécifique ne vienne bouleverser son appréciation de la diversité génétique humaine. Il s’est soumis à l’air du temps. 2. Dire qu’on ne peut pas parler de races pour Homo sapiens à cause d’une trop grande continuité qui existerait entre lesdites races, en plus d’être faux, relève de la science taxonomique : si les races ne sont en fait que des populations, cela ne change rien à la possibilité d’avoir des différences intellectuelles et comportementales substantielles entre ces populations. Et le travail de Rushton consiste précisément à montrer ces différences.

Passé cet argument d’autorité maladroit, Suzuki se contente de lancer anathème sur anathème. Les travaux de Rushton sont considérés a priori comme pseudoscientifiques, alors qu’ils sont publiés dans des revues à comité de lecture. Il appelle à sa censure et à la condamnation de ceux qui osent lui donner la parole, et cela sous un tonnerre d’applaudissement.

Cette charmante mongoloïde n’est pas convaincue par Suzuki.

Lors de la séance de questions, une étudiante soulève ingénument le problème. Elle reproche à Suzuki ne pas avoir attaqué Rushton sur le fond, de se contenter de grandes déclarations sur l’impossibilité des différences raciales et de consacrer le reste de son temps de parole à diaboliser Rushton. Elle dit être déçue de ne pas avoir assisté à un vrai débat contradictoire car, en tant qu’étudiante, elle estime pouvoir et devoir juger d’elle-même de la question raciale.

Elle est solidement applaudie. Rushton aussi a été applaudi avec une certaine force. Mais toujours moins que Suzuki.

Tous les gens présents ne sont pas aussi scientifiques que la jeune mongoloïde. Ce qui intéresse une bonne partie du public, ce n’est pas l’exactitude scientifique, ce sont les idées de Philippe Rushton, ses arrières-pensées. Compréhensible, notamment parce qu’une bonne partie des remarques proviennent d’Hispaniques et de Noirs.

Behave (2017), Robert Sapolsky

Les minorités ethniques attaquent les hérauts de la question raciale au nom de leurs intérêts perçus, peut-être réels. Ce n’est pas un hasard si une large part des universitaires qui ont attaqué les tenants de la sociobiologie étaient juifs, comme le signale Sapolsky dans son dernier ouvrage. Rushton n’a pas échappé à leurs attaques. Par exemple, Leonard Lieberman, anthropologue influent et disciple d’Ashley Montagu (né Israël Ehrenberg), lui a consacré des articles, publiés dans des revues universitaires, où pleuvent les accusations de nazisme à la place des arguments de fond.

Bref, ce débat illustre parfaitement l’état du pluralisme critique en Occident quant aux sujets qui fâchent : il n’existe pas et a été remplacé par des anathèmes de toute sorte. Et quand la moindre critique de fond semble pointer le bout du nez, il s’agit à chaque fois d’une collection d’épouvantails.

Merci, Philippe !

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